Tour Occitanie : feu vert pour le gratte-ciel toulousain, dont le chantier pourrait commencer fin 2025
Philippe Journo, président de la Compagnie de Phalsbourg, qui porte le projet de la Tour Occitanie à Toulouse, indique le 7 novembre à La Lettre M que « les travaux devraient débuter fin 2025 pour une ouverture en 2028 ou 2029 ». Le permis de construire du futur gratte-ciel de 150 m situé près de la gare Matabiau était contesté par trois particuliers et quatre associations (Non au gratte-ciel de Toulouse, Les Amis de la Terre, Droit au Logement 31 et France Nature Environnement), mais leur ultime recours a été écarté le 5 novembre par le Conseil d’État. Si l’envergure et le design de la tour ne devraient pas changer par rapport aux esquisses initiales, « de nouvelles études doivent être faites », après des années de mise en pause.
Sur le réseau social X, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, dit se réjouir de la décision du Conseil d’État en faveur d’un projet qui incarne de son point de vue « une volonté nouvelle et une ambition forte pour Toulouse ». Pour l’édile, la justice administrative a « désavoué sur toute la ligne tous les recours initiés par quelques associations politisées, soutenues par seulement trois riverains, dans l’objectif de retarder au maximum le projet pour le faire échouer ».
Vraiment la fin des recours ?
Délivré en 2019 par le maire de Toulouse à la Compagnie de Phalsbourg, le permis de construire avait été attaqué par le collectif d’opposants devant le tribunal administratif de Toulouse en juin 2022, puis devant la cour administrative d’appel de Toulouse en février 2024. La décision du Conseil d’État éteint désormais tous les recours. Néanmoins, dans un communiqué de presse publié le 5 novembre sur son site internet, l’association Non au gratte-ciel de Toulouse – si elle « prend acte » de la décision de justice – dit déjà préparer une potentielle contre-offensive. « Les architectes du promoteur devront de manière très probable rédiger et soumettre aux services de la mairie de Toulouse une demande de permis de construire modificatif » (PCM), estime le collectif. Un document que « nous attaquerions en justice s’il dérogeait au permis de construire initial de la Tour Occitanie de juillet 2019 », prévient l’association.
Une perspective qui fait bondir Philippe Journo. « D’un côté, je suis à la fois très content, très humble et très concentré, et de l’autre, je suis agacé et énervé contre les opposants qui, dès que la décision du Conseil d’État a été rendue, ont indiqué qu’ils feraient de nouveaux recours en cas de dépôt d’un PCM, confie-t-il à La Lettre M. La justice a parlé, il faut la respecter ! Le fait que les opposants au projet souhaitent continuer à attaquer est totalement anormal. »
« Nous devons reprendre entièrement les études »
Implanté sur le site de l’ancien centre de tri postal, ce projet immobilier d’ampleur, dont les contours ont été dévoilés en 2017, s’inscrit dans la première phase de l’opération Toulouse EuroSudOuest (Teso), devenue Grand Matabiau quais d’Oc. L’opération, conçue par l’architecte américain Daniel Libeskind et le groupe toulousain d'architecture Kardham, prévoit la construction du premier IGH (immeuble de grande hauteur) de la Ville rose. L’ensemble immobilier d’environ 30 000 m2 devrait s’élever sur 40 étages et accueillir plus de 100 logements haut de gamme, 11 000 m2 de bureaux, un hôtel 4 étoiles, 2 000 m2 de commerces, un restaurant et un bar panoramiques et 1 500 m2 de locaux SNCF, avec démolition totale des constructions existantes. Mais « compte tenu du temps perdu avec les recours, il va nous falloir reprendre entièrement les études », regrette le président de la Compagnie de Phalsbourg. « Dans le projet initial, la troisième ligne du métro toulousain n’était pas encore là, rappelle-t-il. Désormais, il faut l’inclure. Nous devons par ailleurs reconstituer une équipe dédiée et revoir les usages de la tour en tenant compte des changements intervenus au cours des dernières années en matière de logement et de travail. Nous devons bâtir le projet des années 2030, pas celui des années 2020. » Avec une addition qui pourrait s’avérer in fine plus salée que prévu. « Le projet initial s’appuyait sur un budget de 130 M€ ; avec la seule inflation, nous serions à 165 M€, déplore Philippe Journo. Mais il est encore trop tôt pour annoncer un montant précis car nous devons reprendre l’ensemble des chiffrages. »











