Tiris : une nouvelle donne pour la communauté universitaire
Philippe Raimbault, président de l'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, revient pour La Lettre M sur la récente labellisation du projet Toulouse Initiative for Research’s Impact on Society (Tiris), porté par la communauté universitaire toulousaine. Lauréat de la 2e vague de l’appel à projets ExcellenceS, Tiris est le projet le mieux doté de France, avec plus de 38 M€.
Le projet Toulouse Initiative for Research’s Impact on Society (Tiris), que vous portez, a été labellisé par l'État au cœur de l'été, après plusieurs mois mouvementés au sein de la communauté universitaire toulousaine. Pour vous, c'est une satisfaction, un soulagement ?
C'est un peu des deux. Disons que pour l'essentiel, le soulagement est venu en février dernier lorsque nous sommes parvenus à ficeler un dossier de candidature unique pour Toulouse, dans un contexte qui, comme vous le rappelez, était un peu compliqué. Aujourd'hui, nous ressentons plutôt de la satisfaction. Car malgré les difficultés, nous avons su fédérer avec succès la communauté scientifique.
Que cela représente-t-il d'un point de vue financier ?
Le projet Tiris se voit doter de 38,3 millions d'euros. Par ailleurs, la Région Occitanie a indiqué qu’elle allait doubler cette somme.
Quel est l'objectif de Tiris ?
En réalité, l'objectif est double. Le cœur du projet est scientifique et académique. Il s'agit de faire émerger la carte d'identité du site toulousain, autour de trois grandes thématiques : la santé et le bien-être, la transition écologique et les mobilités, et les changements globaux, incluant bien entendu les évolutions climatiques. Nous avons structuré notre projet scientifique autour de cela. Le second grand enjeu est plus organisationnel, puisqu'il est désormais attendu de nous une évolution institutionnelle.
Dans ce cadre, l'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées va en effet se transformer le 1er janvier 2023 en Comue (Communauté d'universités et d'établissements). Qu'est-ce qui va changer, concrètement ?
D'une part, il va y avoir davantage d'ambition dans les compétences mises en commun par les différents établissements, avec une stratégie commune tissée autour de l'identité scientifique dont j'ai parlé. Et d'autre part, l'objectif est de simplifier la gouvernance afin qu'elle soit plus adaptée aux fonctions spécifiques d'un ensemble fédérant plusieurs établissements.
Le début de l'année aura été marqué par la volonté ouvertement affirmée de Toulouse School of Economics (TSE) de prendre son autonomie vis-à-vis de l'Université Toulouse I – Capitole (UT1), au travers d'une transformation en Grand établissement. Où en est-on de ce projet ?
Cette transformation se fait en parallèle du déploiement de Tiris. Nous sommes en effet parvenus à trouver une manière de procéder permettant à TSE d'obtenir cette forme d'autonomie qu'elle souhaite. TSE est ainsi destiné à devenir un Grand établissement à l'intérieur de l'Université Toulouse I – Capitole, qui sera elle-même membre de la Comue expérimentale. Les trois statuts sont élaborés en parfaite articulation.
Vous allez prochainement quitter la présidence de l'université fédérale pour être nommé inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche. Pour quelle raison ?
J’étais président depuis six ans. Il m’a semblé, avec notamment la labellisation du projet Tiris, que nous étions arrivés à la fin d’un cycle. J’ai beaucoup travaillé au cours des dernières années afin de replacer Toulouse à sa juste place. Aujourd’hui, un nouvel établissement suppose une nouvelle incarnation.










