L'université de Toulouse va (finalement) déposer un dossier unique
Philippe Raimbault, président de l'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, le confirme à La Lettre M. C'est bien « un dossier unique » - baptisé Tiris (Toulouse Initiative for Research Impact on Society) - porté par la ComUE (Communauté d'universités et établissements) toulousaine qui sera déposé le 1er février en réponse à l'appel à projets « ExcellencES » du Programme d'investissements d'avenir (PIA 4).
Alors que Toulouse School of Economics (TSE), l'Isae-Supaero et l'Université Toulouse III - Paul Sabatier souhaitaient créer une entité commune nommée Toulouse Tech University (TTU) pour « faire émerger Toulouse comme un pôle d'excellence, faire exister le territoire sur la carte française des sites labellisés », les discussions ont finalement tourné court. « Il y a eu quelques dissonances, reconnaît Philippe Raimbault. Mais les conseils d'administration des universités ont voté en faveur du projet Tiris. L'enjeu est désormais d'embarquer toutes les forces vives, y compris celles qui avaient pensé faire autrement, comme TSE. Quand il faudra faire de la science, nous aurons évidemment besoin des économistes ! Rien ne justifierait que cette collaboration scientifique n'ait pas lieu. »
Deux visions jugées inconciliables
Plusieurs semaines de “micmac“ et de discussions parfois tendues avaient suivi la proposition de création d'une Toulouse Tech University. « Nous étions d'accord sur le constat – si notre site universitaire ne bouge pas, il risque le déclassement –, et la cible – structurer une grande université toulousaine en matière de recherche-, assure Philippe Raimbault. Mais nous étions en désaccord sur le chemin pour y arriver. » D'un côté, il y avait « ceux qui voulaient foncer très vite avec un petit noyau dur » et de l'autre « ceux qui voulaient faire un pas ensemble et construire », résume-t-il, estimant que TSE est « porteuse d'une logique de gouvernance très anglo-saxonne, contraire aux traditions de la gouvernance française ».
Quid, dans ce contexte, de la proposition émise par TSE, justement, de faire front commun mais à deux niveaux, avec, comme l'expliquait il y a quelques jours à La Lettre M Joël Echevarria, directeur général des services de TSE, « un espace large, très intégratif, celui de la ComUE, avec en son sein un cercle plus restreint animé par ceux qui veulent aller plus loin » ? Pour Philippe Raimbault, « dans le délai qui nous était imparti, clarifier les attributions et les articulations de ces deux “cercles” n'était pas possible ». Et d'ajouter : « Cela aurait fait courir le risque à la candidature toulousaine d'être illisible. »
« Les choses sont désormais clarifiées », se réjouit l'universitaire, estimant que « la catastrophe aurait été de présenter deux dossiers toulousains ». Pour Philippe Raimbault, le projet finalement choisi permet d'associer « les forces scientifiques et pédagogiques » de l'ensemble des composantes de l'université toulousaine, en vue d'adresser « des enjeux de société relatifs aux transitions que nous vivons, en termes de santé et de bien-être, de changements globaux, de mutations industrielles, de mobilités, etc. » Autant de champs d'études qui « nécessitent une approche inter-disciplinaire », estime-t-il. Le dossier toulousain devrait être auditionné début mai, pour un résultat attendu « fin mai, début juin ».










