TBS entre « frustrations » et « belles surprises »
Étudiants, enseignants et salariés à protéger, équilibre entre présentiel et distanciel à trouver, rentrée scolaire à organiser, projet de nouveau campus à retravailler… : comment la nouvelle directrice de TBS*), Stéphanie Lavigne, gère-t-elle cette crise inédite ?
Le 1er octobre 2019, vous succédiez à François Bonvalet au poste de directeur général de TBS. Dans quel état d’esprit êtes-vous un an après cette prise de fonction ?
Pour cette première année de direction générale, je ne vous cache pas que j’aurais rêvé d’un autre contexte (sourire). Mais nous sommes tous logés à la même enseigne et une chose est sûre : l’agilité que nous enseignons à nos étudiants, je la pratique au quotidien ! J’ai parfois l’impression que mon job, c’est d’être gestionnaire Covid chez TBS, mais globalement, je ne suis pas la plus à plaindre.
Au quotidien, comment gérez-vous cette crise ?
Mi-mars, nous avons basculé du jour au lendemain en mode distanciel, comme tout le monde. Cela s’est fait dans un contexte morose et stressant bien sûr, mais force est de constater que ce challenge a été relevé, grâce à l’engagement de tous nos professeurs et intervenants, nos équipes DSI, nos ingénieurs pédagogiques, etc. qu’il faut saluer. Cet élan du collectif pour faire tenir l’école est remarquable et nous avons eu de très belles surprises au sein de nos équipes, nous confortant dans l’idée que nous avons de la chance de faire un tel métier.
Étant moi-même professeur, je ressens néanmoins une grande frustration vis-à-vis du corps enseignant qui n’a pas choisi ce métier pour l’exercer derrière un ordinateur, mais aussi vis à vis de nos élèves, car leur vie étudiante est réduite à néant ou presque, malgré tous les efforts déployés pour maintenir du lien. Un seul exemple avec les Assises nationales étudiantes du développement durable qui devaient réunir entre 600 et 700 personnes début novembre à l’initiative des étudiants de TBS : plutôt que de les annuler, ils ont préféré les maintenir en distanciel mais il n’y aura évidemment pas la même qualité d’interaction entre les participants, hélas. Au-delà de leur vie étudiante, certains ont malheureusement perdu ou n’ont pas obtenu le job qui devait leur permettre de financer leurs études, créant des situations de grande détresse. Grâce à la mobilisation de la Fondation TBS, près de 65 000 € ont déjà été versés sur les comptes bancaires des étudiants les plus nécessiteux et l’effort va se poursuivre.
Comment la rentrée des nouveaux étudiants s’est-elle déroulée à TBS ?
Afin d’accueillir les nouvelles promotions dans de bonnes conditions, nous avons tenu à organiser cette rentrée sur site, en échelonnant les arrivées des groupes. Depuis, nous mixons présentiel et distanciel et, du côté étudiants comme des enseignants, les retours sont plutôt positifs. D’un point de vue sanitaire, nous avons été jusqu’à présent relativement épargnés comparé à d’autres écoles, avec une trentaine de cas non simultanés que nous avons bien gérés, en lien avec l’ARS. Mais une deuxième vague se profile et personne ne sait comment les choses vont évoluer. Même si j’ai les yeux rivés en permanences sur les infos, je fais attention à ne pas me laisser absorber par les problèmes organisationnels toute la journée, pour continuer de penser « développement », « projets », etc.
Justement, où en est votre projet de construction de nouveau campus (31 500 m2, 100 M€ d’investissement, architecte : Francisco Aires Mateus) dans le quartier Compans-Caffarelli ?
Il n’est absolument pas remis en cause mais entre les élections municipales et la crise de la Covid-19, il n’a guère avancé ces six derniers mois. En interne, nous avons malgré tout continué à travailler sur ce projet, avec l’architecte et l’assistance à maîtrise d’ouvrage. La crise que nous traversons nous a par exemple amenés à repenser certains espaces, dont des salles de cours. Reste que nous ne sommes toujours pas propriétaires du terrain, même si nous avons bon espoir que les choses se débloquent avant la fin du mois avec la reprise des discussions avec la CCI de Toulouse (actionnaire majoritaire de TBS, NDLR) et Toulouse Métropole. Nous visons désormais une rentrée dans le nouveau campus en 2024-2025 plutôt qu’en 2023-2024 mais nous manquons trop de visibilité actuellement pour garantir un calendrier.
* TBS (Toulouse Business School) emploie 370 salariés et forme plus de 5 000 étudiants chaque année au sein de cinq campus implantés à Toulouse, Paris, Barcelone, Londres et Casablanca. Son budget annuel s’élève à 55 M€.
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