Fil infos

Région Occitanie
|
Transports - Logistique
| 23/05/2024

Réunis à Toulouse, les aéroports français veulent que leur modèle économique puisse « évoluer »

Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français et francophones associés, et Philippe Crébassa, président du directoire de l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB)
© ATB

Présent à Toulouse du 22 au 24 mai à l’occasion des Rencontres des aéroports français et francophones, Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français et francophones associés, en appelle aux pouvoirs publics. « Nous demandons que notre modèle économique puisse évoluer pour nous permettre d’assumer les investissements nécessaires au développement de nos plateformes et au service public aéroportuaire, dans la trajectoire de décarbonation qui est la nôtre », martèle-t-il.

Et le dirigeant de pointer l’actuel système de régulation, qui ne rendrait selon lui les aéroports « pas assez attractifs » pour les investisseurs privés : « Nous devons être en mesure de pouvoir pratiquer des tarifs qui soient compatibles avec les défis à relever. »

La régulation en question
« Les redevances payées par les compagnies aériennes ne suffisent pas à couvrir les coûts que nous devons porter, argumente Philippe Crébassa, président du directoire de l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB). Structurellement, le service public aéroportuaire est déficitaire. Les revenus extra-aéronautiques, générés par exemple par les projets immobiliers que nous développons ou par les initiatives liées aux acteurs industriels, viennent en réalité subventionner ce service public. » Dans ce contexte, Thomas Juin salue l’annonce prochaine d’un aménagement du système de régulation permettant de séparer en partie les revenus aéronautiques et extra-aéronautiques des aéroports français. Mais il en appelle à davantage de « visibilité ». « Les tarifs des aéroports sont homologués tous les ans, rappelle-t-il. Lorsque l’on veut prévoir des investissements de long terme, c’est évidemment problématique. Nous demandons une projection tarifaire sur plusieurs années. » Ainsi qu’une stabilité fiscale alors que les grandes plateformes aéroportuaires ont été selon lui « abasourdies », fin 2023, de se voir « infliger une nouvelle taxe sur les revenus d’exploitation des infrastructures de transport de longue distance ».

Décarbonation, bruit et IA
La quatrième édition des Rencontres des aéroports français et francophones rassemble environ 650 personnes dans la Ville rose jusqu'au 24 mai. « Plus de 90 aéroports sont représentés en direct, mais aussi des représentants des parties prenantes, indique Philippe Crébassa. Ensemble, nous formons un collectif puissant capable de réaliser de grandes innovations. » Au menu des rencontres : des expositions, la tenue d’une dizaine de commissions permanentes, ainsi que des ateliers et des tables rondes autour de thématiques d’actualité pour l’écosystème aéroportuaire (la gestion du bruit, l’attractivité des métiers, la sécurité, l’intelligence artificielle…). « Ce n’est pas un rendez-vous prétexte, insiste Thomas Juin. Nous travaillons ensemble. Malgré la concurrence qui peut exister entre les différentes plateformes aéroportuaires, l’objectif est, une fois par an, de réfléchir collectivement aux problématiques qui nous rassemblent. » Avec au sein des groupes de travail un sujet qui revient sans cesse : celui de la décarbonation. « Nous portons l’ambition que les aéroports deviennent des hubs énergétiques accompagnant la décarbonation du transport aérien avec les Saf (carburants d’aviation durables, NDLR) dans un premier temps, puis l’hydrogène », explique le président de l’Union des aéroports français et francophones associés.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie