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Région Occitanie
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Transports - Logistique
| 13/06/2023

RER toulousain : « C’est l’instant vérité ! », estime le collectif Rallumons l’Etoile

© Pixabay

L’État indique le 7 juin sa volonté d’engager 800 M€ dans les RER métropolitains (Services express régionaux métropolitains, Serm) dans le cadre du volet mobilités 2023-2027 des Contrats de plan État-Région (CPER). Pour Benoît Lanusse, président de l’association Rallumons l’Étoile, interrogé par La Lettre M, « c’est l’instant vérité pour le RER toulousain, car soit les responsables politiques restent sur une stratégie de grands projets, ce qui suggère des dossiers complexes financièrement et donc politiquement, soit ils se mettent autour de la table pour faire les choses progressivement, en optimisant l’existant. Nous craignons le stand-by, avec un investissement dans des études de long terme et peu d’avancées concrètes… »

« Commencer par optimiser l’existant »
La solution prônée par le collectif : déployer une première phase du RER toulousain d’ici à 2029, incluant des lignes cadencées à la demi-heure de 5 heures à minuit ; et entre-temps, mettre en place des mesures intermédiaires, en particulier pour accompagner la mise en œuvre de la Zone à faibles émissions (ZFE). « Il y a une Ville rose et une agglo morose, estimait Benoît Lanusse à l’occasion de la 3e édition du Common Good Summit, organisée début juin par Toulouse School of Economics (TSE). Car une grande partie des habitants et des entreprises n’ont pas aujourd’hui d’alternative à la voiture individuelle, alors que la ZFE devrait exclure 35 % des véhicules de l’agglomération dès 2024. Entre le train et le métro, il manque en effet un RER. Nous sommes ambitieux, mais aussi pragmatiques : c’est la raison pour laquelle nous préconisons de commencer par optimiser l’existant. » Pour le responsable associatif, cela ne fait aucun doute, « la population est en quête de solutions ; là où il y a de l’offre, les mentalités évoluent ».

« Il faut de la visibilité »
Tandis que l’Assemblée nationale doit débattre ce vendredi 16 juin d’une proposition de loi relative aux Serm, les annonces gouvernementales sont accueillies avec prudence par Christine Arrighi, députée écologiste (Nupes) de la 9e circonscription de la Haute-Garonne, qui milite en faveur du développement des RER métropolitains. « Cela va dans le bon sens, bien entendu, mais nous ne savons pas quels projets ont été concrètement retenus, s'il y aura de nouvelles infrastructures ou pas..., indique-t-elle à La Lettre MPour le moment, il n'y a pas de traduction financière réelle quant à la répartition de ces 800 M€. Toulouse est-elle concernée ? Pour que les collectivités puissent se projeter et s'organiser, il faut de la visibilité. »

Un projet « stratégique » pour Carole Delga
De son côté, Carole Delga a rappelé le 1er juin son soutien au déploiement d’un RER métropolitain dans le territoire dans un courrier adressé - justement - à Christine Arrighi, que La Lettre M s'est procuré. « La concrétisation d’un projet de Serm sur l’étoile ferroviaire de Toulouse revêt un caractère stratégique incontournable pour répondre, d’une part, aux besoins de mobilités à l’échelle de l’aire d’attraction de Toulouse – et non de sa seule métropole – et, d’autre part, aux enjeux inéluctables de décarbonation des mobilités et de préservation de la qualité de l’air », écrit l’élue. Et d’indiquer qu’une nouvelle phase d’expertise est actuellement conduite sous maîtrise d’ouvrage de SNCF Réseau pour « définir ce projet », mais aussi « identifier la faisabilité technique et la soutenabilité financière des scénarios esquissés ». Pour Carole Delga, « la meilleure des volontés ne peut s’affranchir de la réalité. Sur l’aire urbaine toulousaine, le déploiement de nouveaux services ferroviaires régionaux de type RER nécessite aujourd’hui la réalisation indispensable d’un nouveau programme de développement de l’infrastructure. Plus de trains nécessitent plus de voies. »

En sa qualité de présidente de Régions de France et en réponse – plus globalement – aux annonces étatiques liées au volet mobilités des CPER, Carole Delga a indiqué le 8 juin que « les Régions attendent de l’État une mobilisation beaucoup plus puissante, non seulement sur les études mais également sur les travaux dans les infrastructures, pour espérer produire un « choc d’offres » en faveur du train et des mobilités décarbonées. Nous devons aller plus vite désormais ».

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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