Fil infos

Région Occitanie
|
Syndicats - Fédérations - Associations
| 20/01/2021

Reprise économique, PGE... : le Medef Occitanie prépare le coup d'après

Lorsqu’elle les croise chaque lundi lors du conseil national du Medef, les patrons du Cac 40 l’appellent « la vraie vie ». Présidente du Medef Occitanie depuis trois ans et demi, Sophie Garcia est la porte-parole aussi bien des géants toulousains de l’aéronautique que des entreprises de moins de 10 salariés, 90 % du tissu économique de l’ex-Languedoc-Roussillon notamment, rappelle-t-elle. « Nous apportons du pragmatisme, estime la patronne du Medef régional qui constate que le grand écart entre le national, le régional et le local se réduit au sein de son syndicat. Présente à Montpellier ce 20 janvier, la présidente du Medef Occitanie commente plusieurs sujets d’actualité.

La reprise économique
« La reprise économique? Il est grand temps de s’en occuper », lance la présidente du Medef Occitanie, refusant de prendre pour argent comptant les 25 projets retenus en Occitanie dans le cadre du plan France Relance. « Soyons clairs, ce plan est destiné à l’industrie, l’écologie et aux grosses entreprises, le tout via des appels à projets, résume-t-elle. Bruno Lemaire (ministre de l’Économie, NDLR) a donné son vert pour que nous coécrivions la suite, avec un vrai plan de relance qui irait vers l’économie présentielle. » Et l'Occitanie, avec ces deux secteurs phares - aéronautique et tourisme - à l'arrêt, en sera directement bénéficiaire, signale-t-elle. Parmi les pistes sur lesquelles le Medef veut plancher : « la capacité à mobiliser l’épargne, un plan de relance à la fois de l’offre et de la demande, que le consommateur revienne et que les entreprises créent de la richesse en investissant. »

Le remboursement du PGE
La possibilité de repousser le remboursement des PGE d’une année supplémentaire est une bonne chose, selon la présidente du Medef Occitanie. Mais aussi de prévenir : « si le démarrage du remboursement du PGE peut être décalé d’un an, cela ne veut pas dire que la durée du remboursement l’est aussi. Il faudra alors rembourser sur quatre ans au lieu de cinq. » Si les grandes entreprises sont entourées d’experts et de services financiers capables de faire des projections, il n’en est pas de même pour les plus petites entreprises, prévient Sophie Garcia.
« Notre recommandation est de garder cette épargne de précaution, en tout ou en partie. Rembourser sur quatre ou cinq ans, pour une entreprise viable, cela ne fait pas une grande différence. » La trésorerie reste le nerf de la guerre, rappelle la présidente du Medef Occitanie. Le syndicat patronal est par ailleurs favorable à une transformation du PGE en prêt participatif ou en quasi fonds propres : « Le fait d’avoir une participation publique dans les fonds propres est intéressant car l’investisseur public est plus patient, moins contraignant. Cela peut rassurer les partenaires. Des fonds privés pourraient être aussi intéressés. » Des propositions du ministère de l’économie sont attendues courant février.

La crise sociale
Selon Sophie Garcia, c’est le manque de confiance dans les à-coups gouvernementaux et le manque de visibilité qui rongent le moral des chefs d’entreprise, au plus bas. « Le volet social de la crise, avec toutes ces entreprises sous perfusion, va nous sauter à la figure au moment de l’amélioration des conditions sanitaires », prévient-elle, faisant référence au risque de PSE, à la remise à plat du management ou encore à la transformation numérique des entreprises.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie