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Industrie
| 6/01/2021

Réorganisation industrielle chez Sherco, 10 M€ d'investissement programmés

Le constructeur gardois de motos Sherco* prévoit quelque 10 M€ d’investissements. Ces fonds visent essentiellement à internaliser, dans le Gard, une partie de son activité portant sur la fabrication des boîtes de vitesse. Actuellement, l'entreprise sous-traite environ 85 % de sa production à l'étranger, essentiellement en Europe. Retenu dans le cadre du plan France Relance, ce projet de relocalisation va bénéficier, à ce titre, d'une aide d'un peu plus de 2 M€.

Réorganisation industrielle et rapatriement de l'usinage
Sherco fait partie d’une holding, Fites, présidée par Marc Teissier, fondateur de Sherco et père de l'actuel directeur général, Thomas Teissier. Fites comprend aussi une foncière, Croco immobilier, qui détient environ 100 000 m2 de patrimoine, dont l’ancienne usine Fullmen (53 000 m2 de foncier et 12 000 m2 de bâtiment), située dans la zone industrielle de Saint-Césaire, à une centaine de mètres du siège de Sherco. Le constructeur de motos prévoit d’y installer une partie de ses activités d'usinage. « Nous assurons déjà la fabrication de certaines pièces-clés de nos véhicules - le carter-moteur et le joint de culasse - mais nous envisageons d’en internaliser d’autres qui actuellement sont sous-traitées, explique Thomas Teissier à La Lettre M. Sherco veut développer son département industrie », résume-t-il. Pour rapatrier tout l'usinage du moteur sur un même site, « il faut compter environ 7 à 8 M€ », estime Marc Teissier. La relocalisation de cette activité dans l'ancienne usine Fullmen devrait prendre une année environ. En fonction de l’évolution de son chiffre d'affaires dans les années à venir, Sherco pourrait également y transférer son activité logistique, actuellement intégrée au siège gardois. Pour l’heure, le constructeur a déposé des dossiers de demande d’aide financière auprès d'institutions françaises, dont la Région Occitanie, et européennes.

Accroître la production
L'enveloppe approximative de 10 M€ d'investissements prévoit aussi l'injection de fonds ciblant la capacité de production actuelle de Sherco. Car en dépit de la crise sanitaire, l’activité n’a pas souffert. Elle a même grimpé de 20 % au cours du premier semestre de l'exercice 2020-2021. « Cela s’explique par la qualité de notre gamme, notre bonne image de marque et le fait que la Covid n’a pas freiné la pratique de sports individuels d’extérieur premium. Plus les gens sont sous pression, plus ils ont besoin de se vider la tête, de faire du sport », estime Thomas Teissier. Ainsi, pour accompagner et soutenir cette croissance, Sherco souhaite doubler son volume de production sur certaines gammes en 2021. Au global, le constructeur vend 9 000 véhicules par an, dans 67 pays. « Il y a des prévisions de commandes sur 18 000 motos pour 2022 », indique Marc Teissier.

En vue d'augmenter sa productivité, le constructeur, qui utilise déjà la méthode « goods to man » (automatisation de la fabrication : les pièces sont apportées de façon robotisée à la personne qui les assemble, sans avoir à se déplacer) pour la construction des motos, souhaite désormais l’adopter pour la fabrication de pièces détachées. « Ce segment représente 13 % de notre chiffre d’affaires actuellement, nous visons la barre des 20 % rapidement. »

Ces évolutions vont s'appuyer sur des recrutements : « Rien que pour absorber la croissance actuelle de notre activité, il nous faudrait vingt à trente embauches », indique Marc Teissier. Sherco est par ailleurs engagée avec trois pilotes dans le rallye Dakar (en Arabie Saoudite cette année) qui a démarré le 3 janvier.

* CA : 35 M€ (dont 70 % à l’export), plus de 100 salariés, une usine à Barcelone, siège à Saint-Césaire.

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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