REF Toulouse : comment les pouvoirs publics veulent favoriser l'attractivité économique du territoire
A l'occasion de la REF Top Économique Occitanie, événement organisé le 12 septembre à Toulouse par le Medef Haute-Garonne – en partenariat avec La Lettre M -, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, met en avant plusieurs facteurs permettant d'attirer les investisseurs dans le territoire. « La première condition est une connexion rapide, estime l'élue. Notre distance par rapport à Paris nous est souvent présentée comme un handicap, que nous devons par conséquent compenser. Il faut donc une offre ferroviaire plus performante. » Autres leviers d'attractivité identifiés par la présidente de Région : le développement d'un écosystème favorable en termes de R&D et de formation, mais aussi la création de logements.
Sur le front de la recherche et de l'enseignement supérieur, Carole Delga en appelle à une « véritable dynamique de rassemblement, car vu de Berlin, de Boston ou de Tokyo, c'est l'Université de Toulouse qui compte. Il faut une offre d'enseignement performante et adaptée, en particulier sur les enjeux environnementaux et de réindustrialisation. » Quant au sujet de la production de logements, l'élue le juge hautement stratégique : « Il y a une grosse menace sur l'accès au logement, analyse-t-elle. Car on n'en produit pas assez. Et j'ai bien peur que les récentes mesures du gouvernement risquent d'aggraver la pénurie. Cela peut freiner l'attractivité et être facteur de tension sociale. »
Mobilités, écosystèmes et logements
De son côté, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, évoque les grands projets métropolitains qui, de son point de vue, profiteront à l'attractivité du territoire. « La mobilité est en effet très importante pour attirer et relier », indique l'élu, qui cite en particulier la LGV Bordeaux-Toulouse et la future ligne C du métro toulousain, en complémentarité avec le réseau ferroviaire régional. « Par ailleurs, nous continuons, conformément à nos missions, à créer des adresses permettant l'atterrissage des entreprises qui veulent investir et se développer ici. Pour cela, nous spécialisons un certain nombre de pôles : Toulouse Aerospace, l'Oncopole, mais aussi, prochainement, Matabiau – autour du numérique – et Francazal – autour des mobilités », explique-t-il. Jean-Luc Moudenc n'oublie pas lui non plus l'enjeu - complexe - du logement. « Ce n'est pas la peine de vouloir accueillir de l'économie si on n'est pas capable de loger le gens, martèle-t-il. C'est un sujet difficile, évidemment, car si tout le monde veut du développement, lorsque cela se passe à côté de chez eux, on a rarement des manifestations avec des gens qui disent : "Bravo, vive le logement, on en veut davantage"... » Pierre-André Durand, préfet de la Haute-Garonne et préfet d'Occitanie, voit quant à lui dans la situation régionale une forme de paradoxe. « Les entreprises locales sont très créatrices d'emplois, mais en même temps, il y a ici l'un des taux de chômage les plus importants du pays », constate-t-il, avant d'évoquer le plan de lutte contre les tensions de recrutement mis en place par l’État, incluant « un travail sur les filières », mais aussi « un Plan TPE-PME » et « l'anticipation des besoins en recrutement autour des métiers du futur ».
« Nécessaire de construire ensemble »
De son côté, Pierre-Olivier Nau, président du Medef Haute-Garonne, identifie deux grands enjeux d'attractivité pour le territoire. « D'une part, il y a le dialogue social et le paritarisme, assure l'élu patronal. Nous (les chefs d'entreprise, NDLR) devons participer au débat et à la fabrication de la loi. Il est nécessaire de construire ensemble. » Second levier stratégique : « Démontrer l'amour que nous portons tous à notre territoire au travers de notre volonté d'attirer encore davantage d'entreprises chez nous. En se posant la question : "Qu'est-ce qui leur donnerait envie de s'installer ici ?". »











