Où placer le curseur entre hyperconnexion et déconnexion ?
Dans un monde hyperconnecté où les individus ont accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC), il est de plus en plus difficile de se déconnecter de son travail. Comment trouver un bon équilibre et ne pas sombrer dans l’hyperconnexion ? Le point avec Alexandre Benzari, professeur assistant à Montpellier Business School*.
Un monde hyperconnecté. De nos jours, les TIC sont partout et leur utilisation a fortement augmenté au sein des entreprises, notamment avec l’accélération de la transformation digitale et la mise en place des solutions de télétravail durant la pandémie de Covid-19. De ce fait, les individus peuvent souffrir d’une hyperconnexion, une connexion permanente au travail à travers l’utilisation des TIC. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), celle-ci se caractérise par un débordement du travail dans la sphère privée, une infobésité – excès d’information à gérer et à traiter – et un sentiment de devoir de connexion permanente. Cela peut engendrer du technostress et/ou de l’addiction aux TIC, ce qui a des conséquences sur la santé (comme le sommeil, la récupération, la concentration).
Droit à la déconnexion et ses limites. La France a été le premier pays à instaurer un droit à la déconnexion à partir de 2016 avec la loi travail El Khomri. Cependant, ce droit n’est pas forcément suivi et a été mis à mal durant la pandémie de la Covid-19. De plus, ce droit n’est pas obligatoire pour les entreprises de moins de 50 salariés et ne concerne pas les travailleurs non salariés (dirigeants de PME, chefs entreprise, professions libérales, commerçants, artisans, agriculteurs).
Le technostress des dirigeants de PME. Dans un article publié récemment dans Entrepreneurship & Regional Development, nous avons étudié les liens entre la surcharge de travail liée à l’utilisation des TIC (une dimension du technostress) et le bien-être des dirigeants de PME. Nos résultats démontrent qu’il existe un lien négatif entre la surcharge technologique et leur bien-être.
Recommandations pratiques. De ce fait, que l’on soit salarié, cadre ou chef d’entreprise, on conseille de prendre ou de reprendre le contrôle sur ces outils technologiques en mettant en place un « devoir à la déconnexion » à travers des pratiques quotidiennes à mettre en place au travail et en dehors. Pour limiter l’infobésité, il convient de limiter sa charge informationnelle quotidienne en priorisant les tâches importantes au travail, de mettre en place des filtres pour éviter les sollicitations non importantes et d’utiliser les options de concentration ou de ne pas déranger des TIC. Pour éviter le débordement du travail dans la sphère privée, on conseille de séparer les TIC utilisées au travail de la sphère privée (et vice versa), d’éviter de répondre à des sollicitations professionnelles le soir, le week-end (également durant les vacances) et de prévoir des temps voire des journées entières sans TIC. Pour réduire le sentiment de devoir de connexion permanente, on recommande de prévoir des activités de récupération comme le sport ou la méditation durant son temps libre et de sensibiliser son entourage professionnel et personnel à ses pratiques de déconnexion mises en place. Enfin, il convient de se former aux TIC afin de développer ses compétences et de ne pas hésiter à faire appel à des spécialistes pour mieux gérer les TIC au quotidien.











