Neotec fait entrer InnovaFonds pour muscler ses positions à l’export
La société tarn-et-garonnaise Neotec, spécialisée dans la conception et la fabrication d’engins rails/routes dédiés à l’installation et la maintenance des infrastructures caténaires ferroviaires, fait entrer InnovaFonds dans son capital. A l’issue de cette opération, qui s’inscrit dans le cadre de la sortie de ses investisseurs financiers historiques (IXO Private Equity et Bpifrance), le fondateur Pascal Roux demeure majoritaire. « Nous souhaitons désormais miser sur notre développement à l'international », indique le dirigeant à La Lettre M. La société basée à Bressols, qui compte 80 salariés, a enregistré 21 M€ de chiffre d’affaires en 2022. Elle est présente en Europe, en Amérique du Nord et en Australie.
Les raisons de l'opération capitalistique
« J’ai fondé Neotec il y a trente-deux ans ; et en 2015, j’ai fait le choix de faire entrer au capital IXO Private Equity et Bpifrance, explique Pascal Roux. Cela nous a permis de tester l’attrait de l’entreprise sur le marché, mais aussi de nous mettre en ordre de bataille en nous structurant davantage. Nous avons par ailleurs gagné en crédibilité, notamment vis-à-vis des grands comptes. Et nous avons pu financer des développements ambitieux, en renouvelant intégralement notre gamme de produits. » Avec à la clé un recentrage sur l’activité ferroviaire et une réduction stratégique importante des activités liées à l'aéronautique et aux matériels de construction pour les lignes et réseaux électriques.
Puis la société a affronté successivement les crises du Brexit et du Covid-19, passant de 19 M€ de chiffre d’affaires en 2018 à 17 M€ en 2019. Elle a ensuite retrouvé son niveau d’activité d’avant-crise dès 2021, avant d’enregistrer 21 M€ de CA en 2022. « Après sept ans de collaboration avec IXO Private Equity, nous avions deux options devant nous : faire entrer de nouveaux investisseurs ou vendre l’entreprise, confie le dirigeant. Nous avons réfléchi et avons décidé de ne pas vendre. Ça valait la peine d’aller plus loin. » L’entreprise, qui s’est dotée d’un comité de direction incluant « des personnalités très différentes », s’est alors orientée vers « un management plus collaboratif ». « Et avec des cadres motivés pour entrer au capital, nous sommes allés chercher des fonds, explique Pascal Roux. Le discours d’InnovaFonds, qui a la double particularité d’être très focalisé sur des solutions green et RSE et d’accompagner les transmissions de PME, nous a séduit. »
De son côté, Franck Urbanski, associé d'InnovaFonds, a vu dans la forte culture d'innovation de l'entreprise, ainsi que dans son recentrage sur un marché du ferroviaire particulièrement porteur, des facteurs d'attractivité. « Nous sommes tournés vers des sociétés industrielles nichées, avec une traction internationale forte ; le dossier cochait par conséquent beaucoup de cases », indique-t-il à La Lettre M. Aujourd'hui, le capital de l'entreprise est réparti entre Pascal Roux (57 %) et InnovaFonds (43 %), avec la possibilité, à terme, de faire entrer des managers.
Miser sur l'international
L'entreprise, portée par des marchés internationaux dynamiques, entend accroître son chiffre d'affaires de 50 % dans les cinq ans à venir. « Nous souhaitons passer de 45 à 60 % d'activité à l'export, prévient Pascal Roux. Pour cela, nous allons mettre en place les bons moyens sur des marchés comme l'Amérique du Nord, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Australie et le Bénélux. » En parallèle, l'entreprise va se mettre en quête d'un directeur général. « Nous devons choisir le bon profil, dont nous serons sûrs qu'il va "matcher" avec les équipes en place », glisse le dirigeant. Franck Urbanski acquiesce : « L'équipe de management intermédiaire est de grande qualité. Il faut préparer la succession opérationnelle, mais en se donnant le temps de trouver la bonne adéquation. »










