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Hérault
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Immobilier
| 26/09/2024

À Montpellier, le chantier de démolition de la tour d'Assas est lancé

Le début de la démolition de la Tour d'Assas (77 étages) par écrêtage en présence des élus et responsables de l'Anru, Anah, Anct et l'USH
© VC

Symbole du mal-logement, la tour d’Assas érigée en 1969 au cœur du quartier de La Paillade à Montpellier va disparaître pour laisser place à un nouvel aménagement urbain mêlant résidence et commerces de proximité. D’un coût de 5 M€, les travaux de démolition de cet immeuble de 22 étages, d'une hauteur de 77 mètres comptant 177 logements, ont débuté le 23 septembre pour une durée de huit mois en présence des responsables de l’Anru, l’Anah et l’ANCT, contributeurs au plan de rénovation urbaine du quartier. Ce projet va mobiliser un investissement global de 550 M€, soit un budget « plus important qu’une ligne de tramway », commente Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la métropole.

Démolition par écrêtage
Après avoir logé « les rapatriés d'Algérie, les salariés d’IBM, une partie d’habitants venant du Maroc et des hommes et des femmes dont le projet de vie était d’être à Montpellier, elle est devenue la tour du malheur (faits divers, panne des ascenseurs..., NDLR). Sa destruction qui avait était promise en 2015 puis en 2020 est désormais une réalité. Nous avons changé nos méthodes. Il fallait que l’efficacité montpelliéraine soit au rendez-vous. La tour d'Assas va tomber », poursuit Michaël Delafosse. L'élu avait promis durant la campagne électorale de « rééquilibrer la ville à l’ouest et d’accélérer les programmes de rénovation urbaine aux Cévennes et à La Paillade/Mosson. » 
Après le relogement des familles et les opérations de désamiantage, la tour d’Assas va être démolie par écrêtage, en raison de la proximité des équipements et des habitations. « Les étages seront détruits trois par trois, jusqu’à 37 mètres puis le reste de l’immeuble sera détruit par une pelle mécanique à grand bras poursuivra le travail de démolition » explique Fabien Granon, responsable de chantier pour Altémed, maitre d’ouvrage de l’opération dont les travaux de démolition sont réalisés par le groupe Demcy. Les cages d’ascenseur servent à débarrasser les gravas de béton, jusqu’au sous-sol où ils sont évacués par quatre ou cinq camions effectuant une dizaine de rotations par jour jusqu’à la carrière à Grabels. Cela représente près de 20 000 tonnes de gravats transportés ». 

550 M€ pour la rénovation du quartier
Pour François-Xavier Lauch, préfet de l’Hérault, « ce qu’il se passe dans le quartier La Paillade est exceptionnel. C’est un demi-milliard qui est investi ici. Nous sommes à l'heure dans la réalisation de cette opération de démolition reconstruction dont l'échéance est prévue d'ici 2030 ». Parmi les autres financeurs de cette rénovation urbaine, Valérie Mancret-Taylor, directrice générale de l’Anah, a rappelé que « dans le quartier 30 % du bâti est de la copropriété très fragile, dégradée. En tant qu’opérateur de l’État, nous menons un travail pour que ces financements soient convergents et complémentaires pour le parc social et le parc privé, et faire en sorte de renouveler et d’améliorer les conditions de vie des habitants tout en prenant en compte les enjeux de transition écologique ». Du côté de l’Anru, sa directrice générale Anne-Claire Mialot s’est dit mobilisée pour « travailler sur la mixité sociale à l’échelle du quartier et de faire en sorte que ce quartier de La Paillade soit un quartier attractif qui propose une offre de logement digne ». Cette dernière a salué « l’exemplarité du projet de renouvellement urbain de Montpellier qui correspond à ce que souhaite faire l’AnruLa particularité des programmes de renouvellement urbain est de penser le logement mais aussi la transformation de la ville et du quartier. Et c’est bien la vision que vous avez voulu porter monsieur le maire avec vos équipes. »
Présente pour l'occasion, Emmanuelle Cosse, présidente de l'USH (Union sociale pour l'habitat) qui tient son congrès nation à Montpellier - du 24 au 26 septembre - témoigne de l'ambition donnée par la Ville, mais aussi les bailleurs sociaux partie prenante de cette opération de renouvellement urbain qui va « redonner des conditions de vie dignes aux habitants du quartier » D’autres démolitions suivront prochainement comme la résidence Font Del Rey ou celle d' Uranus et son arche. La rénovation du centre nautique Neptune est en cours. Le commissariat mixte (police nationale et municipale) repositionné ouvrira bientôt. Des travaux vont débuter prochainement pour ouvrir le parc de la Mosson, derrière les halles des 4 Saisons, avec la réhabilitation du bassin d’eau. Enfin, le quartier abritera une Folie qui accueillera le siège social d’Altémed (aménageur, bailleur social et énergéticien de la métropole de Montpellier) et d’autres acteurs économiques à horizon 2027, « un marqueur fort pour ramener l’emploi au cœur du quartier ».

 

Véronique Coll - coll@lalettrem.net
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