Malgré l’avis défavorable formulé après enquête publique, le Technocampus Hydrogène garde le cap
Le projet de Technocampus Hydrogène fait l’objet d’un avis défavorable en conclusion d’une enquête publique menée dans le cadre de la procédure d’autorisation « Installation classée pour la protection de l’environnement » (ICPE). Sollicitée par La Lettre M, la Région Occitanie – qui porte ce chantier à 45 M€ devant voir le jour à Toulouse Francazal d’ici à 2026 –, rappelle que cet avis est « consultatif » et que « d’autres éléments entrent en compte, dont l’instruction du projet par les services de la Dreal et l’avis du Conseil national de la protection de la nature », qui est « favorable ». Elle indique que « la signature de l’arrêté (…) autorisant le projet dans son dimensionnement actuel devrait intervenir avant fin octobre ».
Les raisons de l’avis défavorable
L’avis émis par le commissaire enquêteur dans le cadre de la procédure d’autorisation ICPE à la suite de l’enquête publique réalisée du 24 juin au 10 juillet a été rendu public le 29 juillet dernier. Il est indiqué dans l’avis final que « compte tenu du bilan qu’il retire de ses analyses du projet et des observations du public dans son rapport (…) et malgré le fait qu’il soit favorable au principe de ce projet de recherche sur les applications de l’hydrogène comme carburant, le commissaire enquêteur donne, en toute indépendance, un avis défavorable à la demande d’autorisation environnementale de création d’un Technocampus Hydrogène à Francazal en raison principalement des risques y compris vitaux encourus hors des limites du site mais aussi parce que le public n’a pas été véritablement en mesure de connaître l’existence de l’enquête et les risques du projet. »
Des risques « maîtrisés », assure la Région
De son côté, la Région Occitanie l’assure : « Toutes les mesures de sécurité ont été prises » et « les risques liés à l’utilisation et au stockage d’hydrogène sont maîtrisés ». Elle indique en outre avoir « bien respecté toutes les obligations », précisant que « le projet a fait l’objet de plusieurs temps d’échange avec le public (notamment avec le maire de Cugnaux et la vice-présidente Nadia Pellefigue) ». L’institution régionale précise par ailleurs que « d’autres étapes du projet ont été positivement franchies : le PLU de Cugnaux a bien été modifié et le permis de construire a été délivré. Parallèlement, les marchés de travaux ont pu être attribués ; douze des treize lots ont déjà été validés en Commission d’appel d’offres de la Région. » Le chantier devrait ainsi débuter avant la fin de l’année, pour une livraison en deux tranches anticipée pour fin 2025-mi 2026. Et la collectivité de conclure : « La Région est pleinement mobilisée sur ce projet d’envergure et l’ambition du projet ainsi que les attentes des chercheurs et des industriels restent plus que jamais d’actualité. »
Trois grands enjeux
Interrogé en avril dernier par La Lettre M, Christophe Turpin, cheville ouvrière du projet, directeur de recherche CNRS et responsable des activités hydrogène du laboratoire toulousain Laplace, indiquait que le futur Technocampus était amené à répondre à trois grands enjeux : « D’une part, il permettra de poursuivre l’ensemble des travaux menés depuis plus de quinze ans par la Plateforme Hydrogène de Toulouse. D’autre part, il favorisera le rapprochement entre la R&D universitaire et la R&D industrielle en proposant aux acteurs privés de mener des expérimentations sur leurs prototypes. Enfin, le Technocampus – qui s’appuie sur un investissement immobilier global de 45 M€, auquel s’ajoutent entre 17 et 20 M€ d’équipements scientifiques, dont une moitié reste à acquérir – accompagnera la formation des futurs techniciens et ingénieurs d’essai dans le champ de l’hydrogène. »











