Le site Orano Malvési lancera la production d'oxyde d'uranium d'ici à fin 2024
Spécialisé dans la production d’UF4 (uranium), le site nucléaire Orano Malvési devrait lancer la production de dioxyde d’uranium (UO2) d’ici à fin 2024, annonce Daniel Bect, directeur de l'unité basée à Narbonne. « La production d’UO2 est dédiée à Melox, l’usine gardoise d’Orano. Les essais sont en cours », indique-t-il. Au total, le groupe a investi 80 M€ dans la création d’un atelier de production d’UO2 (capacité : 150 à 300 t). Quinze recrutements ont déjà été réalisés sur les trente créations prévues à terme. Poursuivant son plan d’investissement, de l'ordre de 500 M€ sur dix ans, l'industriel va investir 30 M€ en 2024. Le site - 600 salariés - a un objectif de production de 12 000 t d’UF4 en 2024 (10 300 t en 2023).
Recrutement et formation
« Nous évoluons dans un contexte énergétique en mutation et sommes à l'heure d'une prise de conscience sociétale face au changement climatique, indique Daniel Bect à La Lettre M. Dans l'objectif d’atteindre les objectifs de production d’énergie bas carbone, nous tendons vers un mix entre nucléaire et énergies renouvelables. Le territoire régional a beaucoup à jouer avec l’éolien, le solaire et prochainement l’hydrogène… Mais il faut arrêter d’opposer nucléaire et renouvelable. Présent dans le Gard et dans l’Aude, Orano est la porte d’entrée du nucléaire en France, où 7 à 8 000 t d’uranium sont consommées par an. » Côté emploi, « en trois ans, nous avons réalisé 100 recrutements et comptons 40 alternants, précise le directeur du site Orano Malvési, engagé dans des actions de formation. En 2023, nous avons mené une action avec l’IUT génie chimique de Narbonne. Un module de formation a été mis en place pour nos opérateurs. Cette année, avec le lycée Louise Michel, nous allons mettre l’accent sur les métiers de la maintenance mécanique, dont nous avons également besoin. »
Impact environnemental limité
Ces trois dernières années, le site Orano Malvési a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 80 % et ses consommations d'eau et d'énergie de 10 %, précise le directeur de l’usine. « Nous avons également réalisé plusieurs investissements autour du recyclage de l’eau de procédé afin de la réinjecter dans le circuit. Le site utilise en effet 300 000 m3 d’eau par an. 40 000 m3 d’eau de pluie sont par ailleurs recyclés dans notre process de production. » L’usine déploie aussi des projets de préservation de la biodiversité avec le syndicat mixte du Delta de l’Aude et le parc naturel régional. « D’une manière générale, quand nous réalisons des investissements, nous faisons en sorte qu’ils soient couplés avec d’autres projets afin d’être encore plus vertueux. L’atelier de production d'UO2 n'a pas généré plus d’impact environnemental puisque cet investissement a été adossé à la réduction des rejets gazeux NOx du site, par exemple, explique-t-il. Nous sommes aussi engagés dans la réduction de nos consommations de réactifs en changeant nos technologies. Ainsi, nous avons réduit la consommation d’ammoniaque de 75 %, et celle d’acide nitrique de 50 %. Cela s’est aussi traduit par moins de trains en circulation, en passant d'un quotidiennement à un tous les quinze jours. » Les enquêtes d’opinion réalisées auprès des citoyens comme de des collaborateurs sont en progression. « Deux tiers des riverains du site de Malvési font confiance à Orano dans la gestion responsable du site », conclut-il.











