Le marché du logement neuf quasiment à l'arrêt dans l'aire toulousaine
« Chaque trimestre est pire que le précédent ». C’est ainsi que Jean-Philippe Jarno, président de l’Observer* de l’immobilier toulousain, résume les chiffres du troisième trimestre 2021. À 725, le nombre de mises en vente sur un trimestre dans l’aire urbaine de Toulouse n’avait jamais été si faible depuis la crise de 2008-2009. Sur les trois premiers trimestres il a reculé de 42 % (-41 % pour la ville de Toulouse) par rapport à la même période en 2019 (les chiffres de 2020 ne sont pas utilisés en comparaison, en raison des conditions atypiques liées à la crise sanitaire). Pire : si l’on compare le troisième trimestre 2021 au 3e trimestre 2019, les mises en vente ont chuté de 59 % (-55 % pour Toulouse). « La machine est quasiment cassée ! », alerte Jean-Philippe Jarno. Face à la pénurie d’offre, les ventes immobilières ont reculé de 30 % sur les trois premiers trimestres mais, restant supérieures aux mises en vente, elles contribuent à faire diminuer le stock de logements disponibles qui s’établit désormais à moins de 3 800. « Fin 2021, le stock devrait atteindre tout au plus 3 400 logements », s’inquiète Jean-Philippe Jarno.
Dans ce contexte, la hausse du prix de l’immobilier neuf est inéluctable. En augmentation de 4,6 % par rapport aux trois premiers trimestres de 2019, « le prix du mètre carré a dépassé pour la première fois les 4 000 € dans l’aire urbaine de Toulouse », constate le président de l’Observer. À Toulouse intra-muros, il atteint quasiment 4 300 €. « Les hausses de prix actuelles sont le fruit de raisons plus anciennes, telles que les nouvelles normes environnementales par exemple. Les conséquences des pénuries de matériaux se feront ressentir plus tard », prévient Jean-Philippe Jarno.
Un impératif : construire du logement neuf
Pour contrer la situation, il faut relancer la construction de logements neufs, estime le président de l’Observer. Difficile cependant avec l’annulation du PLUiH, qui conduit à « appliquer l’ancien plan d’occupation des sols ». Depuis, la Métropole de Toulouse a adopté un « pacte métropolitain pour l’habitat » qui fixe l’objectif de construire 7 000 logements neufs par an. « C’est facile de faire un pacte qui n’engage pas… » commente Jean-Philippe Jarno qui espère toutefois que « chaque élu de la métropole va prendre sa part de responsabilité » pour relancer la construction de logements. Un impératif selon le président de l’Observer qui rappelle que sans logements disponibles, la métropole se prive de talents qui pourraient venir s’installer dans le territoire. Autre argument avancé : la construction d’un logement neuf engendre deux emplois pendant deux ans.
* L’Observer de l’immobilier toulousain étudie les chiffres du marché du logement neuf à Toulouse et dans l’aire urbaine de Toulouse (453 communes) depuis 2002.










