La Brigade de Véro s'installe à Montpellier, son voisin ECP s'inquiète
Spécialisée dans la préparation de repas équilibrés pour les particuliers, La Brigade de Véro (25 salariés, CA 2020 : estimé à 3 M€) déménage sa cuisine d'Alès à Montpellier, dans le quartier du Millénaire, à deux pas de Cap Oméga où la direction et les fonctions support sont basées. « Les travaux d'aménagement ont commencé : installation de hottes, de systèmes frigorifiques... Nous serons opérationnels au premier trimestre 2021 », annonce à La Lettre M Romain Roques, directeur général et cofondateur. Outre le regroupement de ses équipes, l'objectif de ce transfert est de passer de 10 000 repas cuisinés par semaine à 150 000 d’ici trois à cinq ans. Et pour cause, ses futurs locaux s'étalent sur 2 300m2, soit dix fois plus que sa cuisine actuelle. La jeune entreprise annonce également le recrutement de trente personnes d'ici 2022.
85 emplois menacés
Copropriétaire du bâtiment de 5 000 m2, son futur voisin ECP (85 salariés, CA 2019 : 8 M€) est un sous-traitant spécialisé dans le nettoyage et la désinfection d'implants médicaux, de flacons pour l'Établissement français du sang (EFS) ou encore de pièces aéronautiques. Des activités incompatibles avec de la restauration industrielle, selon son directeur général Olivier Prioux : « L'installation d’une cuisine va générer de l’organique dans l'air. Or, c’est tout ce que je dois nettoyer. Cette source polluante, au sein de notre bunker, me condamne techniquement et commercialement. J'en ai parlé à trois de mes clients historiques. Ils ne me feront plus confiance. Même l’assureur m'annonce, au mieux, une majoration de 100 % car il y a un risque de contamination trop grand. Il y a également un risque d'incendie car nous devons stocker de l'alcool. » Aucune raison de s'inquiéter, assure pourtant Romain Roques : « Nous n'avons pas le même métier mais ce sont les mêmes processus. Nous conditionnons en salle propre, nous ne dérangeons pas avec les odeurs grâce aux filtres des hottes... »
Salle blanche divisée par une cloison
Loin d'être convaincue, ECP brandit le règlement de la copropriété qui précise que les activités au sein du bâtiment doivent être compatibles avec la salle blanche de 2 000 m2. Celle-ci est divisée en deux par une cloison de cinq centimètres. D'un côté, des opérateurs en blouse bleue qui nettoient des prothèses de hanche ou de genou. De l'autre, plusieurs sociétés du même secteur qui se sont succédées, jusqu'à la liquidation en 2019 de la dernière, Semco. Semco, dont l'ancien patron, Yvon Pellegrin, est également copropriétaire minoritaire (47 %) et en conflit depuis cet été avec ECP pour « l’introduction d’une activité inadaptée dans le bâtiment (La Brigade de Véro, NDLR) alors que l'assemblée générale, où nous sommes majoritaires, a voté deux fois contre », insiste Olivier Prioux. ECP, qui prévoit six à sept recrutements d'ici la fin de l'année pour un CA 2020 en croissance, à 9 M€, a mis au courant Montpellier Méditerranée Métropole, le Medef Hérault Montpellier, l'UIMM Méditerranée Ouest ou encore la Dreal Occitanie qui « ne peut intervenir que s'il y a plainte à la suite d'un incident », regrette l'ingénieur, devenu DG en 2004.
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