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Aéronautique et spatial
| 10/01/2024

Jean-Claude Maillard (Figeac Aéro) : « Nous visons jusqu'à 600 M€ de CA à l’horizon 2028 »

© Figeac Aéro

Le groupe aéronautique lotois Figeac Aéro lance un nouveau plan stratégique, nommé Pilot 28. Objectif, selon son président Jean-Claude Maillard, interrogé par La Lettre M : « Atteindre à l’horizon 2028 entre 550 et 600 M€ de chiffre d’affaires, avec un Ebitda de 16 %, et un free cash flow de 50 M€. À cette date, nous devrions compter environ 5 000 salariés (dont 1 000 à Figeac), contre 3 000 actuellement. » Interview exclusive.

Vous lancez un nouveau plan, Pilot 28, intégrant vos grandes orientations à l’horizon 2028. Quel est votre objectif ? 
Notre plan Route 25 prend fin en mars 2025. Nous allons atteindre nos projections, c’est-à-dire entre 420 et 440 M€ de chiffre d’affaires, 70 M€ d’Ebitda et un free cash flow d’environ 25 M€. C’est un business plan clair qui s’appuie sur des commandes. Nous avons à ce jour 3,7 Md€ de volume d’affaires contractualisé. Nous savons ce que nous avons à faire au cours des années à venir. Compte tenu de cette visibilité, il nous semblait important d’informer nos partenaires sur nos objectifs à plus long terme, à l’horizon 2028. 

Et quels sont-ils ?
En mars 2028, nous visons entre 550 et 600 M€ de chiffre d’affaires, avec un Ebitda de 16 %, et un free cash flow de 50 M€. Notre dette nette devrait se porter à environ 200 M€. À cette date, nous devrions compter environ 5 000 salariés (dont 1 000 à Figeac), contre 3 000 actuellement.

Le premier grand pilier de votre plan est la consolidation et le développement de votre position, notamment dans l'aéronautique et la Défense…
Absolument. Aujourd’hui, 90 % de notre chiffre d’affaires sont liés à la production de pièces métalliques aéronautiques, le reste concernant les marchés oil & gaz, Défense et énergie. Nous souhaitons poursuivre notre développement sur nos métiers historiques. Sur l’aéronautique et la Défense, en particulier, notre visibilité est très importante. Au-delà de la montée en cadence liée aux commandes des compagnies aériennes et des constructeurs, nous prévoyons de réaliser à l’horizon 2028 entre 80 et 100 M€ de nouvelles affaires, dont la majorité proviendra de l'aéronautique civile.

Un autre enjeu stratégique est le désendettement du groupe. Quelle est votre feuille de route, en la matière ?
Pour réduire l’endettement, le premier levier est celui de la baisse du besoin en fonds de roulement (BFR). Entre 2010 et 2020, nous avons eu une croissance folle, en multipliant notre chiffre d’affaires par dix. En 2025, nous retrouverons notre niveau d’activité d’avant-crise. L’étape suivante sera celle de l’amélioration de notre situation financière. Nous allons travailler sur notre organisation pour réduire nos cycles, obtenir de nos clients des acomptes à la commande, etc. Ensuite, nous continuerons à améliorer notre Ebitda, en parallèle de l’augmentation de notre chiffre d’affaires. Enfin, nous allons programmer des investissements correspondant à 6 à 8 % de notre chiffre d’affaires, tandis que par le passé, ils pouvaient atteindre les 30 %. Dans ce cadre, notre free cash flow va décoller significativement.

Enfin, autre pilier de votre plan : la décarbonation de l’aviation. Quel rôle pouvez-vous jouer, à votre niveau ?
D’une part, nous allons répondre aux nouveaux marchés proposés par nos clients, en proposant des pièces aux formes et matériaux différents. Nous nous adapterons en menant des travaux de R&D et en réalisant le cas échéant des investissements complémentaires. Et d’autre part, nous allons tout mettre en œuvre pour réduire l’empreinte carbone de notre processus de production. Et lorsque cela sera nécessaire, nous compenserons les émissions en produisant notre propre énergie photovoltaïque.

Vous avez indiqué il y a quelques années que lorsque Figeac Aéro retrouverait son niveau d’activité d’avant-crise, le moment serait sans doute venu de vous retirer. Est-ce toujours d’actualité ?
J’ai envie de vivre cette période Pilot 28, qui s’annonce très intéressante. Le marché est là, donc je ne pense pas qu’elle sera très stressante. Nous sommes correctement capitalisés, nous avons renégocié notre dette et nous avons le savoir-faire. Alors je me dis que je vais vivre cette période sereinement, plutôt que m’arrêter en 2025. J’ai envie d’être là en 2028 pour rendre compte de ce que j’annonce aujourd’hui. Je suis confiant.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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