Jean Boher (Ipsophène) : « Notre usine de paracétamol sera mise en service à Toulouse au 1er semestre 2025 »
Annoncé par La Lettre M dès juillet 2023, le projet d’implantation d’une usine de production de paracétamol dans la métropole toulousaine se concrétise. Un investissement industriel compris « entre 30 à 32 M€ », nous confirme Jean Boher, président de la société haut-garonnaise Ipsophène, qui porte le projet. Le site de 5 000 m2, où évolueront entre 35 et 40 personnes, devrait permettre de produire jusqu’à 3 400 tonnes de paracétamol par an. Objectif ? « Réaliser fin 2026 un chiffre d’affaires d’environ 30 M€ », confie le dirigeant de l'entreprise basée à Saint-Orens de Gameville (31). Interview exclusive.
Quel investissement sera consenti dans le cadre de ce projet ?
Nous allons engager entre 30 et 32 M€. Il ne s’agit pas d’un investissement immobilier, car nous louons le site d’un peu moins de 5 000 m2 implanté au sein du Campus Santé du futur (Oncopole, au sud-est de Toulouse, NDLR). L’investissement sera principalement dédié à l’achat de machines et à leur installation. Les lignes de production sont en cours de fabrication, de même que les dispositifs de recyclage et de traitement des déchets. Nous souhaitons en effet mettre en place un processus de production éco-responsable. Tout cela prend du temps car rien - ou presque - n’existe sur étagère.
Qui est autour de la table, mise à part la Région Occitanie, qui a annoncé un soutien de 4,2 M€ (via une aide de 1,5 M€ – dont 500 k€ en avance remboursable –, un prêt souverain de 1,5 M€ et une entrée de l'Agence régionale des investissements stratégiques au capital à hauteur de 1,2 M€, NDLR) ?
La Région est un soutien très important pour nous. Le fait qu’elle soit entrée au capital de la société est un facteur de succès. Par ailleurs, je peux confirmer que le laboratoire UPSA (dans le Lot-et-Garonne, NDLR) fait partie de nos actionnaires. Pour le reste, nous comptons d’autres partenaires industriels à nos côtés, mais il est encore trop tôt pour en parler...
Quand mettrez-vous en service l’usine et quels sont vos objectifs de production ?
Nous prévoyons une mise en service au premier semestre 2025. Nous sommes dans les temps. Un directeur d’usine, Maxime Lefebvre, est d’ores et déjà aux manettes, depuis juillet. Nous devrions recruter entre 35 et 40 personnes et visons un objectif annuel de production compris entre 3 000 et 3 400 tonnes en vitesse de croisière. Cela représenterait fin 2026 un chiffre d’affaires d’environ 30 M€. Pour cela, il nous faudra tout d’abord obtenir le Certificat de conformité à la pharmacopée européenne (CEP), probablement au cours du second semestre 2025. Puis les livraisons devraient débuter fin 2025.
Qui sont vos clients potentiels ?
Ce sont tous les laboratoires pharmaceutiques européens utilisant du paracétamol. Nous les avons rencontrés et un certain nombre d’entre eux nous ont fait part de leur intérêt. Actuellement, ces acteurs s’approvisionnent à 85 % en Asie – en Chine et en Inde – et de façon plus marginale aux Etats-Unis. La crise sanitaire a démontré la dépendance qui pouvait exister. Les laboratoires souhaitent obtenir une sécurité, au moins pour une partie de leur approvisionnement.
L’aspect « souverain » de votre proposition primera-t-elle sur l’écart de prix ?
C’est en tout cas ce que nous dit le marché. Aujourd’hui, nous estimons le surcoût de nos produits par rapport aux solutions asiatiques à 30 ou 40 %. Un écart lié à la fois au prix des matières premières en Europe, au coût de la main d’œuvre et à notre ambition de déployer une chaîne de production propre, zéro pollution.











