ITK lève 10 M€ en faveur d'une agriculture décarbonée
L’éditeur héraultais d'outils d’aide à la décision agronomique ITK* lève 10 M€. L’objectif de l’opération est double : « D’une part, accélérer la commercialisation de nos services - pour la prévision de rendement des cultures, du lait pour les élevages bovins…- en France et à l’international et, d’autre part, financer notre innovation en matière de décarbonation de l'agriculture », précise Aline Bsaibes, dirigeante, à La Lettre M. Levés auprès d'EDF Pulse Holding (fonds d’investissement du groupe EDF), de son actionnaire historique Starquest Capital, de la BNP et de la banque Dupuy de Parseval (groupe BPS), ces fonds devraient permettre à ITK de « doubler son chiffre d'affaires à horizon 2024, qui atteindrait alors 20 M€, et de le tripler d’ici à 2026 », espère la directrice générale. Une dizaine de recrutements est par ailleurs programmée courant 2022. Profils recherchés : commerciaux, data analysts, développeurs, ingénieurs agronomes…
Déploiement international
ITK travaille depuis deux ans avec son partenaire chinois, Insentek (Pékin) à l’adaptation pour la Chine de ses services destinés aux éleveurs bovins. « Il y a des spécificités liées à ce marché, tels que la taille des exploitations, le climat… », explique la dirigeante. La levée de fonds devrait permettre d'accélérer la commercialisation de ces solutions. Autres marchés visés : les États-Unis et le sud du Canada. « Nous disposons déjà d’une filiale en Californie avec trois personnes sur place et nous allons en recruter deux autres rapidement », indique Aline Bsaibes. L’entreprise héraultaise s’appuie aussi sur un partenaire local, qui est également un de ses actionnaires, Land O’ Lakes (Minnesota). Il s’agit de l’une « des plus importantes coopératives agricoles américaines », décrit la dirigeante, active dans les produits laitiers, de fourrage, de semences végétales et dans la protection des cultures.
« L’Amérique latine, territoire d’élevage bovin, nous intéresse aussi », complète la cheffe d’entreprise. Rappelons qu’ITK est par ailleurs présent au Kenya où elle a remporté courant 2020 la mission de pilotage d’une étude de faisabilité sur la séquestration de carbone par les sols.
Émission de méthane
Les fonds collectés doivent également permettre de financer la R&D d'ITK sur deux axes : la réduction des émissions de méthane par les vaches et la prévention des risques agro-climatiques. « Avec notre partenaire Seenergi (53), nous souhaitons lancer courant 2022, en France et aux États-Unis, des démonstrateurs visant à réduire les émissions de méthane », prévoit Aline Bsaibes.
Risques climatiques
En termes de prévention des risques climatiques, ITK a déjà lancé cette année un produit d’assurance agricole, Heat Stress Protect, permettant de compenser leurs pertes de rendement en lait chez les éleveurs bovins en cas de canicules. L’éditeur souhaite désormais élargir cette offre en l’adaptant aux cultures. L’objectif est de prévenir les pertes de rendements dues aux aléas climatiques mais aussi de les différencier de celles dues à une négligence de l’agriculteur.
* Une centaine de salariés, CA : 10 M€, implantations à Rennes – 35 - et à San Francisco – États-Unis, siège à Clapiers.










