Didier Farigoule (Fadilec) : « Le rapprochement avec le groupe Fauché augmente notre puissance de feu »
Président-fondateur du groupe d’ingénierie gardois Fadilec*, qui fête ses 30 ans d’existence cette année, Didier Farigoule évoque pour La Lettre M sa décision de céder son entreprise au groupe montalbanais Fauché et les nouvelles perspectives offertes par ce rapprochement. Entretien.
À l’occasion des 30 ans de Fadilec, célébrés début novembre à Laudun-l’Ardoise, vous avez annoncé le rachat de votre entreprise par le groupe Fauché, basé à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, et spécialisé dans le génie électrique. Pour quelles raisons avez-vous pris cette décision ?
C’est un choix de raison. Nous évoluons dans un marché stratégique où il est très compliqué d’exister, encore plus dans ce contexte de mondialisation. Au sein de Fadilec, qui s’est spécialisé dans la robotique, les automatismes, l’instrumentation ou l’informatique, nous sommes des passionnés de technique, pas des financiers. De son côté, Fauché, qui emploie 2 600 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 400 M€, avait besoin d’une activité automatisme pour accompagner sa stratégie de développement et s’attaquer au marché du nucléaire. C’est chose faite avec ce rachat. Le nom et l’entité de Fadilec, dont je suis désormais le directeur général, seront préservés. J’ai envie de continuer l’aventure en restant aux commandes.
Avec votre nouveau partenaire, Christophe Guitton, dirigeant du groupe Fauché, quels sont vos projets ?
Ce sont essentiellement des projets de développement. La volonté de Fauché, spécialisé dans les solutions et services liés à l’énergie, est de déployer la marque Fadilec au sein du groupe. Notre chiffre d’affaires annuel est aujourd’hui de l’ordre de 5 M€. L’objectif est de doubler ce montant d’ici trois ans et de porter à cinq le nombre de nos agences, contre deux actuellement. Pour y parvenir, je peux désormais compter sur la force d’un groupe à la tête d’un réseau de 100 agences. Cela nous procure une puissance de feu que nous n’avions pas. Conjuguée à l’expertise de Fadilec, c’est une belle synergie en vue avec un plan de carrière pour tous… Au-delà, nous partageons des valeurs communes, en termes d’entrepreneuriat et de gestion des ressources humaines.
Quel regard portez-vous sur le développement de Fadilec ?
Nous avons créé l'agence gardoise à Laudun-L’Ardoise il y a plus de 10 ans après avoir ouvert celle de Vénissieux (69) à la fin de 1994. Et j’ai lancé l’activité dans le garage de mes parents. Trente ans plus tard, nous sommes une cinquantaine de salariés et intervenons sur des projets d’envergure. Nos équipes sont amenées à travailler un jour dans le nucléaire, le suivant au sein du site Perrier puis pour EDF. Pour cela, nous avons multiplié les certifications, conservé notre ADN et notre culture de la transmission ou de l’apprentissage. Plus d’une centaine d’apprentis ont ainsi été formés au sein de notre entreprise depuis sa création, dont certains sont aujourd’hui chefs d'agence.
30 ans plus tard, comment expliquez-vous que le ministère des Armées ou encore EDF fassent appel à votre expertise dans l’installation de systèmes de sécurité ?
Nous baignons dans l’automatisme depuis 30 ans. Nos clients sont d’abord venus chercher Fadilec pour son expertise du marché et son savoir-faire. Avec EDF, nous collaborons par exemple dans le domaine de l’automatisme dédié à la sûreté nucléaire, pour lequel nous sommes habilités par l’État. Sur ce segment, les entreprises se comptent sur les doigts d’une main, ce qui nous a permis de gagner plusieurs marchés.
Vous avec récemment évoqué l’expérimentation de l’intelligence artificielle (IA) au sein de votre entreprise. Qu’en est-il ?
Il s’agit de robots de désinfection, conçus par notre pôle Fadilec Innovation en collaboration avec des start-up. Ces robots sont adaptables, aussi bien dans le secteur médical que sur des sites nucléaires.
Avec la flambée du coût des matériaux, comment a évolué le chiffre d’affaires de Fadilec ces trois dernières années ? Et comment envisagez-vous l’exercice 2025 ?
Depuis 2022, nous sommes sur une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 10 % et nos carnets de commande sont pleins pour les deux prochaines années. Avec la crise sanitaire et le conflit en Ukraine, l’explosion du coût des matières premières nous a affaiblis, en réduisant nos marges. Il a fallu négocier avec nos clients. Plus près de nous, 2024 a été une belle année, bien que difficile. Nous restons sur des niveaux comparables à ceux de 2023 en termes de résultats et de rentabilité. Concernant 2025, de belles perspectives s’ouvrent, notamment dans le domaine de la Défense, de la cybersécurité et du médical. Un secteur où nous assurons la logistique de fabrication de la Ventoline pour le compte du laboratoire pharmaceutique GSK.
* Diplômé en ingénierie mécanique, Didier Farigoule a créé Fadilec, d’abord en région Auvergne-Rhône-Alpes, avant d’inaugurer trois ans plus tard une seconde agence dans le Gard rhodanien, à Laudun-l’Ardoise. Aujourd’hui, son entreprise fait partie des rares à être agréée par l’État français pour ses systèmes automatisés utilisés par les secteurs de la Défense et de la santé.











