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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 3/02/2021

Comment Satys se prépare au rebond de l'aéronautique

Directeur général de Satys depuis mars 2020, Grégory Mayeur évoque pour La Lettre M la stratégie du groupe aéronautique toulousain Satys, spécialisé dans la peinture et l’étanchéité, l’ingénierie et la fabrication d’aménagements intérieurs pour l’aéronautique et le ferroviaire (2 200 salariés, 190 M€ de CA en 2020, contre 212 M€ l'année précédente).

Comment se comporte votre activité en ces temps de crise ?
Satys est en croissance continue depuis vingt ans. Côté aéronautique, nous avons subi, comme tout le secteur, les effets de la crise. L'activité militaire s'est maintenue, celle dédiée aux hélicoptères a fléchi de 10 à 15 %, et côté aviation commerciale, nous sommes impactés par la baisse globale de cadence de 40 %. 2020 aura été pour nous une année de résistance. Nous avons protégé l'entreprise et ses salariés en signant dès octobre un accord d'adaptation incluant trois volets : l'APLD (activité partielle de longue durée), l'accompagnement à la mobilité externe et un accord de performance collective (APC). Nous sommes ainsi parvenus à éviter le PSE. Sans licenciement contraint, nos effectifs sont passés de 3 200 à 2 200 salariés. Sur ces 1 000 postes, 600 correspondent à la cession de nos activités électriques, en décembre dernier. Les 400 restants sont liés à des départs volontaires, dont 150 intérimaires. Il n'y a pas eu de casse sociale.

De quelle visibilité disposez-vous pour 2021 ?
Nous avons activé tous les leviers mis à notre disposition par l'Etat pour résister à cette période de crise. Notre baisse d'activité s'est stabilisée à 40 %. La situation ne se dégrade pas davantage. Nous espérons pouvoir bénéficier des premières remontées de cadences sur certains types d'appareils fin 2021, avant une reprise plus large en 2022-2023. Nous nous préparons clairement pour le redémarrage de l'aéronautique.

Vous avez récemment cédé vos activités électriques et êtes en train de créer un pôle d'excellence « traitement de surface » en rachetant la société PMA à Marseille et en investissant 15 M€ dans une nouvelle usine de 7 000 m2 à Marignane (13). Quelle est votre stratégie, en la matière ?
La cession de notre activité électrique illustre en effet notre volonté de nous concentrer sur deux métiers : d'une part, le ferroviaire, et d'autre part, en aéronautique, le traitement de surface et la peinture. Sur ce dernier marché, nous souhaitons occuper une place de premier ordre au niveau européen. Pour cela, nous allons disposer d'un pôle métaux durs et acier dans les Bouches-du-Rhône, tandis que nous comptons déjà des compétences de pointe en aluminium à Toulouse (ex-Prodem, NDLR) et en traitements spécifiques à Dugny (93). Dans ce cadre, nous allons engager des travaux de modernisation et de digitalisation de notre usine toulousaine d'ici à 2022.

Avez-vous déposé des projets France Relance ?
Oui, nous avons déposé un certain nombre de dossiers. Nous sommes dans une logique d'investissement et travaillons avec les services de l'Etat, mais aussi de la Région, sur ces sujets. Par les temps qui courent, tous les moyens mis à notre disposition sont évidemment les bienvenus.

Avez-vous d'autres projets de croissance externe ?
Nous sommes en veille active, sur ce sujet, y compris à l'international. Mais nous sommes très vigilants quant à la nature des sociétés qui pourraient être reprises. Nous recherchons avant tout de la complémentarité. Nous ne sommes pas dans une logique de diversification. Je crois profondément au rebond de l'aéronautique. Le secteur reprendra le chemin de la croissance. Le moment n'est pas venu de se diversifier, mais de se renforcer là où on est déjà fort, pourquoi pas en procédant à des acquisitions. Il y a à ce sujet un enjeu du côté nord-américain, notamment sur le MRO (maintenance et réparation, NDLR).

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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