Comment le groupe Scalian compte tripler de taille d’ici à 2028
L'ambition est forte. « Nous souhaitons tripler de taille d’ici à 2028 en passant de 550 M€ de chiffre d’affaires projeté cette année à 1,5 Md€ de volume d’activité, annonce à La Lettre M Johan Dumas, directeur général France du pôle Digital System Engineering du groupe haut-garonnais Scalian, spécialisé dans le conseil et l’ingénierie. En parallèle, nous passerions de 5 500 à 15 000 salariés, dont 6 000 en France. » Une feuille de route qui s’appuiera à 70 % sur de la croissance externe. Les cibles recherchées par le groupe toulousain ? « Ce sont des entreprises financièrement performantes qui évoluent dans nos métiers », indique Johan Dumas.
Et le dirigeant d'ajouter : « D’un point de vue géographique, nous avons vocation à nous renforcer dans les zones où nous sommes déjà présents, à savoir l’Europe et l’Amérique du Nord. Enfin, notre stratégie ne s’appuiera pas sur une multiplication de petites acquisitions mais sur le rachat d’acteurs développant chacun entre 200 et 500 M€ de chiffre d’affaires. »
Un nouvel actionnaire majoritaire
Pour accompagner ses ambitions, Scalian peut compter depuis cet été sur un nouvel actionnaire majoritaire, à hauteur de 78 % : la société de capital-investissement Wendel. Un choix de rapprochement basé sur plusieurs arguments. « Tout d’abord, c’est un fonds français, ce qui est important du point de vue de la souveraineté, et nous partageons des valeurs liées au développement durable et à l’inclusion, explique Johan Dumas. Par ailleurs, il dispose d’un solide réseau industriel ainsi que d’implantations en Amérique du Nord. Enfin, et c’est évidemment très important, Wendel a une forte solidité financière dont nous allons avoir besoin pour mener à bien notre plan de croissance. »
1 500 recrutements prévus en France en 2024
Présidé par Yvan Chabanne, le groupe fondé en 1989 sous le nom d’Eurogiciel est désormais structuré en trois grands pôles métiers : Digital Systems Engineering, Performance des opérations et, depuis l’an dernier, Stratégie et Transformation. Il travaille à hauteur de 65 % pour l’industrie – en particulier l’aéronautique et le spatial, mais aussi l’automobile et le ferroviaire –, ainsi que pour le secteur banque-assurance (10 %), les télécoms, médias et communications (10 %), les marchés publics (10 %), sans oublier l’énergie et la santé (15 %). Présent dans douze pays, il est principalement implanté dans les états européens limitrophes, au Canada et aux États-Unis. « Depuis le début de l’année, nous déployons par ailleurs une stratégie best shore afin de proposer à nos clients des gains de compétitivité mais aussi de pallier nos difficultés de recrutement en France au travers d’un site de 150 ingénieurs que nous avons racheté en Inde et d’une implantation de 50 ingénieurs créée au Maroc », précise Johan Dumas. En parallèle, Scalian poursuit ses recrutements dans l’Hexagone. Après avoir embauché environ 1 000 personnes cette année, il ambitionne d’en intégrer 1 500 en 2024. « C’est un enjeu important pour nous, insiste le dirigeant, qui enregistre un turnover de 20 à 25 %. Pour la troisième année consécutive, nous avons été labellisés Great Place to Work. Nous favorisons l’équité, l’inclusion et l’évolution, en insistant sur la délégation des responsabilités auprès de relais managériaux intégrés dans les équipes. »










