Comment Biotope résiste grâce à l'éolien en mer
Le groupe héraultais Biotope (236 salariés, CA : 23 M€), dont le coeur de métier est l’ingénierie écologique, se réorganise pour mieux répondre au marché porteur de l'éolien en mer. « Après avoir remporté plusieurs contrats sur les différentes façades maritimes françaises, nous venons de créer un service dédié aux énergies marines renouvelables (EMR). Une dizaine de personnes travaille à temps plein. Deux postes sont ouverts, d’autres sont à venir », annonce à La Lettre M Anne-Lise Melki. Basés au siège à Mèze, ces experts sont notamment chargés d'observer les mammifères marins au large de Port-La-Nouvelle, Dunkerque, Noirmoutier, Saint-Brieuc... A l'international, le groupe mène des études sur les oiseaux pour le montpelliérain Qair, qui installe des éoliennes en Islande.
Téléphérique toulousain
Biotope, qui emploie neuf personnes à l’agence de Villefranche-de-Lauragais (31), est aussi très actif dans la métropole toulousaine. Ses équipes conseillent Poma et Bouygues sur le téléphérique urbain Téléo, dont la mise en service est prévue début 2021. « Il faut installer les câbles à une période donnée en fonction des oiseaux », détaille-t-elle. Biotope intervient aussi sur l'île du Ramier, où la démolition du Parc des Expos est en cours. « Nous remettons de la nature dans la ville sur fond d’étalement urbain », résume la femme du PDG-fondateur, Frédéric Melki.
Projets reportés
Voilà pour le côté positif, car depuis mars, le groupe connaît une baisse d'activité. « Je n'ai pas de chiffre mais cela se ressent sur les devis depuis la rentrée », confie la dirigeante. Et de rappeler : « Juste avant le confinement, nous avions retrouvé un taux de croissance de 30 % par an en moyenne, que nous n’avions pas vu depuis longtemps. A la suite de la crise financière de 2008, nous avions souffert, de 2011 à 2016. Aujourd'hui, il n'y a pas d’inquiétude car le carnet de commandes est élevé. » Problème tout de même, les projets - tout comme les salons - sont reportés, en particulier quand les clients sont des collectivités. « Des départements, hors Occitanie, tournent désormais leur action vers le social plutôt que sur l’aménagement du territoire », constate-t-elle. Résultat, ses ingénieurs et autres experts en biologie se déplacent deux fois moins.
Déplacements compliqués
Dans ses cinq filiales étrangères, du Maroc à la Chine en passant par Madagascar, les déplacements sont aussi compliqués. « Nous nous voyons au Luxembourg avec les collaborateurs de Belgique, c'est plus simple », illustre-t-elle. En France, son établissement dédié à la communication et à l'édition a sollicité le PGE et compte bien terminer l'année avec la sortie de « la Bible des champignons en Europe tempérée et Wild Life 2020, avec de belles photos de nature, que nous éditons en français », détaille Anne-Lise Melki. Côté recrutement, le groupe tient sa nouvelle DRH : Florence Doumenc, l'ex-DG des librairies Sauramps. Parmi ses premières missions, l'intégration des 20 collaborateurs à embaucher d'ici début 2021.










