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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 13/02/2024

Alexandre Tisserant (Kinéis) : « La rentabilité dans trois ans et 100 M€ de CA dans huit ans »

© Kinéis

Cet été, l’opérateur spatial haut-garonnais Kinéis va procéder au premier des cinq lancements visant à mettre en orbite sa constellation de 25 nanosatellites dédiée à l’Internet des objets. En exclusivité pour La Lettre M, Alexandre Tisserant, président de la société de 60 salariés, dévoile ses ambitions stratosphériques.

Vous allez lancer cet été, entre le 10 juin et le 9 juillet, vos premiers nanosatellites. Quel est l’objectif de votre future constellation de 25 appareils ?
Notre ambition est de déployer la première constellation européenne dédiée à l’Internet des objets par satellite. L’objectif est d’être en capacité de connecter et de localiser n’importe quel objet, où qu’il se trouve sur la surface de la Terre, y compris dans les zones blanches, et de garantir la transmission des données de l’objet connecté aux utilisateurs en quasi-temps réel, c’est-à-dire avec un délai de latence de dix à quinze minutes seulement, là encore dans le monde entier. C’est une solution novatrice car aujourd’hui, 85 % de la surface de la planète ne sont pas couverts par les réseaux de communication terrestres.

Quels marchés ciblez-vous ?
Les usages potentiels sont très nombreux. Tout d’abord, il y a les usages scientifiques et environnementaux, avec le suivi d’animaux sauvages et d’élevage, des troupeaux et des bateaux de pêche, mais aussi le monitoring des stations météorologiques, des silos à grains, des infrastructures énergétiques – comme les pylônes à haute tension implantés dans les zones isolées –, la détection précoce des feux de forêt… Nous serons également en capacité de suivre des wagons de fret, des barrages, des stations de pompage… En réalité, on peut tout imaginer ! L’enjeu consiste à nous déployer sur les marchés les plus prometteurs et les plus accessibles possible, sachant que notre modèle économique est basé sur la donnée. En nous appuyant sur le couple capteur-satellite, nous vendons des abonnements de données à des entreprises et des institutions qui ont besoin de suivre et de contrôler des objets. Dotés de neuf satellites en fonctionnement, nous avons déjà des clients qui attendent désormais le déploiement de notre constellation de nanosatellites. C’est une étape cruciale pour la société : après la phase de développement technologique, nous démarrons notre vrai déploiement commercial.

Quels sont vos objectifs en termes de chiffre d’affaires pendant la durée de vie de votre constellation ?
En 2022, nous avions enregistré 7 M€ de chiffre d’affaires. Notre objectif est d’atteindre les 20 M€, mais aussi la rentabilité, en 2026. La durée de vie de notre constellation sera de huit ans. À cette échéance, nous visons 100 M€ de chiffre d’affaires et serons une centaine de personnes.

Vous avez levé 100 M€ en 2020. Avez-vous d’autres besoins en financement dans les années à venir ?
Nous n’avons pas prévu de levée de fonds à court terme. En réponse à nos éventuels besoins immédiats de cash, nous pouvons nous tourner vers nos actionnaires historiques, mais aussi vers nos partenaires bancaires. Notre levée de 2020 visait à nous permettre de développer nos infrastructures. C’est désormais chose faite. Dans trois ans, nous devrions être rentables. Notre but est de financer notre croissance avec le chiffre d'affaires que nous saurons générer.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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