Aéroport Toulouse-Blagnac : l'actionnaire chinois va-t-il se retirer ?
Casil Europe, premier actionnaire (à 49,99 %) de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB, 9,63 M de passagers en 2018), va-t-il s'en désengager ? L'hypothèse, que nous évoquions déjà fin 2017, a refait surface hier, dans les colonnes de La Dépêche du Midi. « Sans perspective de pouvoir franchir la barre de la majorité du capital, Casil se serait résolu à vendre ses 49,9 %. Un mandat aurait été confié à la banque d'affaires Lazard afin de trouver un acquéreur. La valorisation demandée atteindrait 500 M€, à comparer aux 308 M€ investis fin 2014 soit une plus-value immédiate de 192 M€ sans compter les dividendes versés entre temps », expliquent nos confrères. L'information - reprise par l'ensemble de la presse nationale et certains institutionnels régionaux - reste au conditionnel car elle n'est pour l'instant pas confirmée par les principaux intéressés. Contacté par La Lettre M, le service de communication de Casil Europe indique en effet qu'il ne commentera pas cette « rumeur ». Quant à la banque Lazard, elle n'a pas encore répondu à notre sollicitation. Chez ATB, on se refuse également à tout commentaire. Même réponse du côté de la Banque Populaire Occitane, qui avait manifesté, en avril 2018, son intérêt - avec la Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées et l'appui du groupe BPCE - pour devenir actionnaire d'ATB si l’État cédait ses 10,01 % de parts restantes ou si Casil Europe vendait les siennes.
Une chose est sûre : en annonçant l'an dernier qu'il ne cèderait finalement pas sa participation, l'État a privé Casil Europe de son espoir d'en devenir l'actionnaire majoritaire. Une privatisation « inaboutie » qui, selon un rapport de la Cour des Comptes mis en ligne le 13 novembre dernier, place la société ATB dans « la situation, ambiguë et instable, d’une entreprise dont le capital est majoritairement public, mais dont le contrôle appartient à l’actionnaire privé ». Une situation propice aux tensions, comme celles liées au partage des dividendes jusqu'à ce qu'un accord (distribution de l'intégralité du résultat net aux actionnaires, sans toucher aux réserves de l'aéroport, d'après nos informations) soit trouvé il y a quelques semaines. « Cela ne résoudra pas tout. Le problème de fond est idéologique : les collectivités actionnaires veulent une qualité de service et Casil de la rentabilité », analyse un connaisseur du dossier.
Parmi les réactions en région, on note celle, sur Twitter, de Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie (actionnaire d'ATB à hauteur de 5 %) : « Après s'être versé des dividendes substantiels, le groupe chinois #Casil vend ses parts dans l'@aeroport_tls. L'État doit maintenir sa participation à #Toulouse. La puissance publique doit rester majoritaire dans ses infrastructures stratégiques. »
Jean-Louis Chauzy, président du Ceser Occitanie, appelle pour sa part à la mise en place d'« une nouvelle gouvernance avec un opérateur français qui a le savoir-faire, un pool bancaire régional et un pacte avec les grandes collectivités et les acteurs économiques ».
Dans un courrier commun adressé le 24 janvier à Édouard Philippe, Premier ministre, Carole Delga, présidente de la Région, Georges Méric, président du CD 31, Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole et Philippe Robardey, président de la CCI de Toulouse, indiquent : « Nous réitérons notre volonté de conserver à la SATB un actionnariat majoritaire public de long terme et vous demandons de renoncer définitivement à vendre les 10,01% encore détenus par l’État ».










