Montpellier/CCI – La CCI propose un « projet alternatif » pour le centre-ville
Le président de la CCI de Montpellier, Rudy Iovino, a présenté ce matin un « projet alternatif » pour redynamiser le centre-ville de Montpellier, afin de contrebalancer l’effet négatif du futur village de marques, mis en avant par une étude du cabinet Pivadis, commandée par la CCI. Selon Rudy Iovino, « aucune ville en France n’a pu durablement développer des projets en périphérie sans avoir protégé et musclé son centre-ville. Le péril concerne également les zones commerciales en périphérie. » La CCI propose plusieurs mesures pour redynamiser le centre-ville : aménager la place du Peyrou « pour créer un point d’attraction culturel et ludique au nord de l’Ecusson », rénover les rues et les places pour mettre en valeur le circuit shopping, mettre en place un chèque stationnement, relancer le projet de restructuration Laissac/Jeu de Paume pour « donner un signe fort sur le renforcement du circuit commercial en centre-ville ». « J’étais ce matin avec Hélène Mandroux. Elle est d’accord pour le chèque parking. » D’autres mesures pourraient être mises rapidement en œuvre : une heure de stationnement gratuite pendant les cinq samedis avant Noël, et une autre, toute l’année, enrte 19 h et 20 h, les commerçants acceptant d’ouvrir leurs magasins jusqu’à 20 h. « Il y a de la bonne volonté de la part de la mairie », estime Rudy Iovino. « Ils vont notamment lancer des études pour rénover Laissac et installer des "jardins du Luxembourg" au Peyrou. »
Jusqu’à 500 emplois menacés
265 à 500 emplois seraient menacés dans les commerces du centre-ville de Montpellier, selon l’étude d’impact réalisée par le cabinet Pivadis pour la CCI de Montpellier, présentée ce matin. L’étude envisage deux hypothèses, en fonction de l’attractivité du futur village de marques, qui devrait créer 360 emplois, dans 86 boutiques, en 2012 : celui-ci menacerait directement 7 à 14 % des commerces du centre-ville, soit 31 à 60 boutiques. Les commerces de la périphérie seraient moins touchés, avec 15 à 100 emplois détruits. Dans tous les cas, le centre-ville serait, selon Pivadis, le premier touché par la création de cette nouvelle offre commerciale, centrée sur l’équipement de la personne. D’autant plus que celle-ci s’ajouterait au nouveau centre commercial d’Odysseum, qui vient d’inaugurer 96 boutiques et 45 000 m2 de surface de vente supplémentaires le 23 septembre.-Au final, Pivadis navigue entre deux hypothèses, en fonction de la croissance du marché d’ici à 2014 : selon l’attractivité du village de marques, le projet se traduirait, dans la version optimiste, par un solde net positif de 55 magasins supplémentaires et 80 emplois à Montpellier, et dans la version pessimiste, par un solde négatif de 9 magasins et 240 emplois.
Pivas retient deux hypothèses de CA pour le Village des marques : 60 à 113 M€. Selon l’étude, l’impact du Village de marques « diminue très vite au-delà d’un temps d’accès supérieur à 30 et surtout 45 minutes », d’où son influence sur les commerces du centre-ville. Autre raison de l’impact sur le centre-ville : le particularisme de Montpellier, où 32 % des commerces du centre-ville sont dans l’équipement de la personne, contre 17 % à Troyes, ou 14 % à Calais.
Pivadis estime que les retombées touristiques sont « marginales », notamment pour la restauration, Marques Avenue « venant se greffer sur un flux touristique existant ».










