Fil infos

Région Occitanie
|
Contenu partenaire
| 4/09/2026

Cémoi : « Nos eaux usées industrielles contribuent à produire du gaz »

© Cémoi

Avec 1,5 million de tablettes de chocolat produites chaque jour, le site Cémoi de Perpignan s’appuie notamment sur le gaz pour répondre à ses besoins de chaleur et de vapeur. Une énergie qui s’inscrit dans un processus associant performance énergétique et économie circulaire : les eaux usées issues du lavage des moules de fabrication sont acheminées vers l’unité de méthanisation BioRoussillon, située à 850 mètres de l’usine, pour contribuer à produire du biométhane.

Stéphane Joubert, Responsable Projets Industriels de Cémoi, rattaché à la direction des opérations, témoigne.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur Cémoi et plus spécifiquement sur le site de Perpignan ?
Cémoi appartient au groupe familial belge Baronie, qui compte 22 sites de production ou de stockage en Europe, en Côte d’Ivoire et aux États-Unis, pour un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros. En France, Cémoi représente environ 1 600 collaborateurs répartis sur dix sites, pour 945 millions d’euros de chiffre d’affaires. À Perpignan, nous sommes 270 salariés. Nous travaillons en 3 x 8 et produisons exclusivement pour les marques de distributeurs. Nos cinq lignes de moulage permettent de fabriquer jusqu’à 1,5 million de tablettes par jour, soit environ 40 000 tonnes de chocolat par an.

Quels sont les besoins énergétiques du site de Torremila à Perpignan ?
Construit en 2007, le site a été conçu dès le départ avec une attention particulière portée à la performance énergétique. Nous avons notamment installé du photovoltaïque en toiture, des ombrières solaires et des systèmes de récupération de chaleur. Concernant le gaz, il répond à nos besoins de production d’eau chaude et de vapeur. Nous en consommons environ 1 500 MWh par an, soit 10 % de notre besoin énergétique.

À quoi servent concrètement la chaleur et la vapeur ?
La chaleur permet de faire fondre la masse de cacao et le beurre de cacao, qui arrivent sous forme solide depuis notre site d’Abidjan. L’eau chaude, portée à 90 °C, permet de les transformer en matières liquides, qui sont ensuite utilisées dans notre process. L’une de nos chaudières produit également de la vapeur à 7 bars, utilisée pour fabriquer des poudres chocolatées instantanées destinées au petit-déjeuner.

Pourquoi avoir recours au gaz ?
Le gaz répond efficacement à nos besoins de production d’eau chaude et de vapeur. Désormais renouvelable, il permet également de contribuer à la décarbonation. À ce jour, nous n’avons pas identifié d’alternative mieux adaptée à nos process. Il présente aussi un intérêt économique et garantit une disponibilité permanente pour nos installations. Le gaz alimente nos trois chaudières : deux produisent de l’eau chaude à 90 °C et une de la vapeur. Nous récupérons ponctuellement de la chaleur sur nos groupes frigorifiques, mais le gaz reste essentiel pour assurer la continuité de notre activité.

Votre site a aussi la particularité de contribuer à la production locale de biométhane. Comment ?
Entre deux productions, les moules de tablettes de chocolat sont lavés dans une machine rotative spécialement développée pour cette application. Chaque ligne de moulage utilise plus de 1 000 moules. Leur lavage génère des eaux usées très chargées en sucre et en matières sèches. Elles ne peuvent pas être rejetées directement dans le réseau de la ville, mais elles sont particulièrement intéressantes pour la méthanisation. Environ 4 000 m³ d’eau sont ainsi envoyés chaque année à l’unité BioRoussillon, située juste à côté de notre usine. Cela représente environ 10 % de ses intrants.

Comment ce projet est-il né ?
Il a fallu six ans de discussions pour faire aboutir ce projet, avec des démarches administratives longues et complexes. La possibilité de valoriser nos eaux usées a contribué à l’implantation de l’unité de méthanisation à proximité de notre site. Pour nous, cette solution permet de tirer profit d’un effluent industriel tout en évitant certains coûts liés à son traitement, notamment la mise en place d’une station d’épuration sur site.

Cette proximité donne-t-elle une autre dimension à votre consommation de gaz ?
Oui, il existe une véritable logique d’économie circulaire. Nous envoyons une eau sucrée qui contribue à produire du biométhane, lequel est ensuite injecté dans le réseau qui alimente notamment notre site. D’une certaine manière, nous contribuons localement à produire une partie du gaz renouvelable disponible sur le réseau et donc à décarboner. Selon les données citées par l’ADEME, le biométhane génère six fois moins d’émissions de CO2 que le gaz fossile.

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie