Instabilité, taxes, incertitudes : face à l'État, les patrons montent sur le ring
Sur le ring, le chef d’entreprise vacille sous les coups de ses adversaires successifs mais se redresse sans cesse, porté par les acclamations du public. La scène, orchestrée le 24 novembre au Palais des sports de Toulouse par les forces économiques de la Haute-Garonne, se veut une métaphore de la vie d’une entreprise : encaisser, tenir et repartir face à des gouvernants toujours changeants. Quelque 800 dirigeants et représentants du tissu économique local ont répondu à l’appel de cette mobilisation destinée à dénoncer l’inflation de normes et de taxes imposée par les gouvernements successifs, mais aussi à pointer l’instabilité politique jugée responsable d’un manque de visibilité pour l’avenir.
« C’est la crise de trop »
Après cette mise en scène volontairement décalée, plusieurs chefs d’entreprise du territoire issus de secteurs d'activité variés ont pris la parole pour témoigner de leurs difficultés et faire entendre leurs préoccupations. « C’est la crise de trop : trop de taxation, trop de fiscalisation, trop de confiscation, trop de pression sur les chefs d’entreprise, notamment les PME », dénonce Benoît Richart, directeur général des établissements Richart, concessionnaire basé à Quint-Fonsegrives (44 salariés), rappelant les difficultés que traverse le secteur automobile. Pour Stéphane Trento, PDG de ST Composites (Labège), société spécialisée dans les pièces composites aéronautiques, la priorité est de « rendre les entreprises françaises plus compétitives », ce qui passe par le maintien du soutien de l’État à l’innovation.
Pourtant, Magali Germond, spécialiste de l’éthique du numérique et de l’IA et dirigeante de LumIAire Conseils, à Merville, souligne une contradiction : « Le rapport sur la compétitivité européenne invite nos entreprises à être force de proposition, d’innovation, de créativité. Mais la réalité est que les financements pour les entreprises ne cessent de diminuer et les taxations d’augmenter. Résultat : nos compétences fuient les territoires. » Elle appelle à réformer la fiscalité des « métiers de qualité » et à soutenir l’alternance alors que les aides à l’embauche d’un apprenti ont subi cette année un nouveau coup de rabot.
En quête de stabilité
Cette mobilisation des forces économiques de la Haute-Garonne intervient « à la veille du vote du budget et à l’avant-veille de l’élection présidentielle », explique Nicolas Durand, président de la CPME 31, alertant sur « les taxes supplémentaires au détriment de la compétitivité et du pouvoir d’achat ». Pour Pierre-Olivier Nau, à la tête du Medef 31, ce rassemblement était nécessaire après l’annulation du rendez-vous patronal prévu le 13 octobre à Paris : « Il était indispensable de se retrouver. » Mathieu Roudié, président de la FBTP 31, dénonce quant à lui dans le bâtiment « le brouillard, l’attentisme, la non-visibilité » et pointe l’effondrement du logement neuf malgré des besoins importants sur le territoire. Et le président du syndicat de la métallurgie UIMM MP-Occitanie Didier Katzenmayer de résumer : « Nous demandons de la stabilité et de la visibilité, condition nécessaire pour innover et préparer l’avenir. »











