Jean-Claude Maillard (Figeac Aero) : « En 2028, nous dépasserons les 600 M€ de CA »
Le groupe aéronautique lotois Figeac Aero revoit ses prévisions à la hausse après avoir enregistré 303 M€ de chiffre d’affaires au cours des neuf premiers mois de l’exercice 2024-2025 (+ 9,6 %). Il vise désormais un CA annuel compris entre 420 et 440 M€, un Ebitda courant entre 67 et 73 M€ et des free cash flows entre 30 et 35 M€. « À horizon 2028, Figeac Aero dépassera les 600 M€ de CA, les 100 M€ d’Ebitda et les 60 M€ de génération de cash », assure à La Lettre M Jean-Claude Maillard, président du groupe de 3 000 salariés spécialisé dans les pièces de structure en alliages légers et en métaux durs, les pièces de moteur, les trains d'atterrissage et les sous-ensembles, pour qui « la priorité est de réduire notre dette ».
Vous avez enregistré 303 M€ de chiffre d’affaires au cours des neufs premiers mois de l’exercice 2024-2025. Comment expliquez-vous cette croissance organique de 9,6 % ?
Cette croissance s’explique à la fois par la montée en cadence de la production aéronautique et, en ce qui nous concerne, par la signature d’affaires nouvelles ayant généré du chiffre d’affaires. Cela nous permet de maintenir nos objectifs pour l’exercice 2024-2025 – à savoir un chiffre d’affaires compris entre 420 et 440 M€, un Ebitda courant entre 67 et 73 M€ et des free cash flows positionnés entre 30 et 35 M€ – tout en poursuivant la réduction de notre endettement.
Comment se porte votre carnet de commandes ?
Au 31 décembre dernier, notre carnet de commandes se portait à 4,7 Md€. Les principaux contributeurs, en termes de programmes, sont l’Airbus A350 (36 %) et l’A320 (32 %). Le Boeing 737 pèse quant à lui 8 %. Je note également que le programme Rafale (avion de combat de Dassault Aviation, NDLR) pèse 2 % du chiffre d’affaires.
La montée en cadence de l’aéronautique génère un certain nombre de crispations au sein de la supply chain (chaîne de sous-traitance partenariale, NDLR). Dans quelle mesure êtes-vous impactés et comment y faire face ?
Les problèmes d’approvisionnement en matières premières sont désormais derrière nous, de même que les difficultés de recrutement. Reste le sujet des trésoreries et du financement du besoin en fonds de roulement (BFR). En ce qui nous concerne, nous ne rencontrons pas de souci majeur. Nous avons réuni tous les ingrédients pour faire face au ramp-up (montée en cadence de la production, NDLR). Il y a, c’est vrai, encore quelques problèmes au sein de notre supply chain mais ils sont en train de se régler. Nous avons été amenés à payer de l’inflation à nos fournisseurs et avons essayé de stabiliser le signal d’entrée du carnet de commandes. Je dirais qu’aujourd’hui, les choses s’améliorent ; les voyants se mettent au vert.
Reste la problématique récurrente de la trésorerie au sein de la supply chain, liée en particulier au remboursement des prêts garantis par l’État (PGE). Quel regard portez-vous sur la situation ?
Je porte un regard inquiet sur la capacité de pas mal de petites entreprises à rembourser leurs PGE. J’espère que nous allons obtenir des délais de la part de l’État. Car dans un premier temps, la croissance de l’aéronautique dégrade mécaniquement les trésoreries, dans la mesure où les BFR augmentent, avant que des trésoreries positives ne soient générées lorsque le ramp-up sera accompli. Certaines entreprises de petite taille auront du mal ; elles ont besoin de temps. Et dans deux ou trois ans, lorsque le ramp-up sera plus faible, elles seront en mesure de rembourser. Donner du temps à la supply chain serait par conséquent vertueux.
Quelles initiatives déployez-vous afin d’optimiser votre performance financière ?
Notre premier levier d’action, naturellement, est l’augmentation de notre chiffre d’affaires. Car cela nous permet d’améliorer notre Ebitda et notre génération de cash. Par ailleurs, nous contenons au maximum notre BFR, avec des niveaux de stockage de matières premières et de produits finis les plus équilibrés possible. Sur ce point, nous sommes très vigilants. Enfin, nous avons répercuté une partie des surcoûts liés à l’inflation et avons sollicité nos clients afin qu’ils nous accordent des avances.
Vous revoyez aujourd’hui vos objectifs 2028 à la hausse…
Oui, à horizon 2028, Figeac Aero dépassera les 600 M€ de chiffre d’affaires (contre un objectif initial évalué entre 550 M€ et 600 M€, NDLR), les 100 M€ d’Ebitda et les 60 M€ de génération de cash. Nous misons aussi sur un levier financier inférieur à 2x.
Et pour la suite, quelles sont vos ambitions ?
En 2020, nous étions le premier sous-traitant européen sur nos marchés. Le Covid nous a fait très mal, comme à tous nos collègues. Certains se sont restructurés avec des interventions importantes au sein de leur capital. Mecachrome est passé devant nous (le groupe haut-garonnais de 4 400 salariés a enregistré 605 M€ de CA en 2023, NDLR). Nous sommes désormais à la deuxième place. Dans les années à venir, il nous faudra continuer à croître pour accompagner les besoins des donneurs d’ordres. Mais avant tout, notre priorité est de réduire notre dette.











