Les start-up à l’heure de la baisse des financements
« Nous pensons que c’est la fin de la bulle, de l’euphorie, résume Antoine de Montety, d’In Extenso Innovation Croissance, le 16 octobre à Montpellier lors de la présentation du dernier baromètre des levées réalisé par son cabinet. Les investisseurs se réorientent sur les fondamentaux, comme les principes de rentabilité et d’efficacité. » À l’heure de l’inflation et de la hausse des taux, les jeunes pousses appréhendent une baisse des liquidités dans ce contexte particulier. De fait, les volumes des opérations ont chuté de 41 % en France sur les neuf premiers mois de 2023, par rapport à la même période en 2022. Malgré ce changement de paradigme, l’Occitanie résiste plutôt bien, avec 185 M€ levés depuis début 2023.
Prime à la rentabilité
Un bilan qui la place au cinquième rang des régions françaises les plus dynamiques, avec un volume global relativement stable (+ 1 % sur un an). L’heure est cependant à la frugalité du côté des investisseurs. « On observe une très forte diminution du ticket moyen, passé de 18 à 9,5 M€ ces derniers mois. Et nous constatons un report vers l’amorçage et l’accélération, avec une hausse de 30 % des tickets inférieurs à 1 M€ », poursuit Antoine de Montety.Frédéric Planche, directeur de NextInnov, branche de la Banque Populaire du Sud chargée de l’accompagnement de 340 start-up régionales, abonde. Présent lors de Montpellier Capital Risque le 10 octobre, ce dernier observe une évolution du prisme d’analyse des investisseurs, avec parfois une demande de baisse des valorisations. « Nous ne sommes plus dans l’ère du “cash burn“, ni de la croissance du chiffre d’affaires, mais dans celle de la bonne allocation des ressources octroyées. » Et ce avec une primeur accordée aux entreprises réalisant un important travail sur les charges et les coûts. « La banque a des contraintes externes fortes : l’inflation, les taux d’intérêt hauts, qui posent des problèmes de refinancement de la ressource. » Avec d’un côté des fonds qui peinent eux-mêmes à boucler leur financement, et de l’autre des financeurs disposant de trésorerie, mais dans une posture expectative.
Un climat incertain
Patrice Roch, directeur de Sofilaro, société de -capital-risque du Crédit Agricole, juge lui aussi le climat des affaires incertain. « La liquidité, nous l’avons. Nous allons investir entre 30 et 35 M€ en 2023. Mais c’est en train de se gripper, on le ressent en termes de deal flow. Les sollicitations sont au ralenti. » Marie-Sophie Redon, chargée d’affaires chez Irdi Capital Investissement, qui dispose de près de 100 M€ à déployer, confirme cette montée en puissance de l’exigence des fonds. « Nous allons scruter de plus en plus de critères sur lesquels nous n’étions pas forcément regardants. Et nous n’investirons plus dans certaines entreprises dont le marché est dissuasif. » Jugeant les opportunités de série A* complexes, elle évoque des opportunités de financement sur les deeptech, où « d’autres mécanismes non dilutifs peuvent agir comme effet de levier à nos apports ».
*Opération visant à financer l’accélération de la croissance d’une entreprise











