Pourquoi l’aéroport de Montpellier mise sur la destination Paris
Malgré les bons résultats estivaux (+78 % en juillet par rapport à 2020 et +33 % en août), l'aéroport Montpellier Méditerranée accuse une baisse de fréquentation de 54 % (du 1er janvier à fin août par rapport à 2019), passant de 1,3 million à 600 000 passagers toutes destinations confondues suite à la pandémie. Avant la crise, la plateforme aéroportuaire affichait des objectifs de 2,5 à 3 millions de passagers à horizon 2025 grâce à un plan stratégique dont elle a dû réduire le montant des investissements, passant de 70 M€ à 50 M€ pour assurer une viabilité financière.
Redynamiser la fréquentation
Malgré les chiffres, Emmanuel Brehmer, président du directoire de l’aéroport Montpellier Méditerranée, veut rester optimiste. Il entend s'appuyer sur une offre de destination renouvelée comme le lancement de lignes Montpellier-Paris Orly par les compagnies low cost EasyJet (31 octobre) et Transavia (8 novembre). « Cette nouvelle offre propose jusqu’à six vols par jour à bas prix, en complément des vols d’Air France reliant Montpellier à Paris-Roissy, soit une offre globale de dix vols par jour au total, explique-t-il. Les deux opérateurs jouent sur la complémentarité de leur offre avec des premiers vols à partir de 6h45, un horaire adapté pour la clientèle Business que nous voulons rassurer, faire revenir et surtout ne pas perdre. Notre ambition à trois ans est de dépasser les 500 000 passagers Business vers Paris.» Avec cette offre, la plateforme entend aussi attirer une part de clients absents pour des raisons tarifaires ou à cause de l’utilisation d’autres moyens de transport. « Les compagnies proposent des allers simples à partir de 35 à 40 €, c’est deux fois moins cher qu’un tarif TGV », complète-t-il. « Cette destination vers Paris est un accélérateur de croissance pour l’aéroport. Elle a un impact fort car elle génère de l’activité : parkings, achats…, poursuit le président du directoire. Une hausse de fréquentation de 5 à 10 %, ce serait le début d’une courbe de croissance retrouvée après la pandémie. Si on échoue, l’impact sera difficile à rattraper à court terme. » Parallèlement, l'offre automne-hiver de la plateforme est enrichie de 29 destinations dont Athènes, Héraklion, Séville, Oujda ou Brest, Caen, Lille, Nantes, Rennes ou Strasbourg et Bastia.
Des signaux positifs
D'autres signaux positifs permettent à Emmanuel Brehmer de rester confiant en l’avenir : « nous sommes au cœur d’une zone au développement important avec un futur stade et des complexes hôteliers et tertiaires à moins d’un kilomètre. La nouvelle zone d’activité du Piom ou encore un parc des expositions transformé par 80 M€ d’investissement devraient aussi générer du trafic », souligne-t-il, ajoutant que « de nouveaux opérateurs vont s’implanter sur la zone de l’aéroport et la plateforme logistique de la zone fret. »










