Le projet Commute a-t-il tenu ses promesses ?
Trois ans après son lancement, c'est l'heure du bilan pour le projet Commute, piloté par Toulouse Métropole, entouré de huit partenaires publics et privés (Tisséo Collectivités, Airbus, Aéroport Toulouse-Blagnac, ATR, Safran, Club d’entreprises Réussir, Sopra Steria et l’Afnor). L'initiative, qui a bénéficié d'un budget de 5,2 M€ - dont 80 % financés par la Commission européenne – visait à décongestionner le trafic routier de la zone aéronautique et aéroportuaire toulousaine (90 000 salariés, 265 000 déplacements professionnels/jour). « Avant la crise de la Covid-19, la métropole toulousaine connaissait une croissance continue de sa population et donc, mécaniquement, de ses flux de déplacements », explique Dominique Faure, maire de Saint-Orens et vice-présidente de Toulouse Métropole en charge de l’Economie. Alors que les projections prévoyaient 500 000 déplacements supplémentaires chaque jour à l'horizon 2025 à l'échelle de l'agglomération, « il fallait agir », martèle l'élue. Sans surprise, c'est la zone aéroportuaire qui a été choisie comme vaste terrain d'expérimentations, elle qui concentre les grands noms du secteur aéronautique, parties prenantes du projet. « Le choix fondateur de Commute a été d'initier un partenariat public-privé, pour agir main dans la main sur les déplacements du quotidien », se réjouit Dominique Faure.
Une duplication possible
Et si, aujourd'hui, la crise économique et le développement massif du télétravail ont rendu moins critique cette question de la congestion urbaine, le sujet reste d'actualité sur le long terme, dans une zone où 83 % des déplacements domicile-travail étaient, avant Commute, réalisés en voiture. « Le défi territorial est clair, il s'agit de changer les habitudes, tout en maintenant la compétitivité industrielle », résume Jean-Claude Dardelet, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l'attractivité, du tourisme, de l'Europe et de l’international. Et le succès est là : en trois ans, grâce à cette expérimentation, 90 000 km de trajets en voiture ont été évités chaque jour. Quant à la loi Lom (loi d'orientation des mobilités, NDLR), elle nous permet aujourd'hui d'imaginer la possibilité de dupliquer cette initiative ailleurs sur notre territoire, mais aussi en France et en Europe. »
Concrètement, plusieurs actions ont été déployées dans le cadre de Commute, afin de « faire de la mobilité partagée et douce le substitut à la mobilité individuelle », indique Bruno Costes, directeur des relations institutionnelles et standardisation chez Airbus : mise ne place d'un Plan de mobilité inter-employeurs, création d'une plateforme digitale de partage de données de mobilité dans la zone favorisant la prise de décisions, conversion des salariés à de nouvelles pratiques (covoiturage, vélo, télétravail, tiers-lieux...). Hors Covid-19, l'usage de la voiture individuelle est ainsi passé de 75 à 70 % et celui du vélo de 5 à 10 %. Et maintenant ? Si Commute a pris fin, « de nombreuses démarches se poursuivent et sa réplicabilité est lancée », assure Jean-Michel Lattes, président de Tisséo Collectivités et vice-président de Toulouse Métropole en charge des transports en commun.
« Les leçons tirées de cette expérience seront utiles pour l'ensemble des régions et des zones urbaines en Europe », assure Isabelle Vandoorne, cheffe adjointe de l’unité transport intelligent et durable à la DG MOVE de la Commission européenne.










