Déjà 7 M€ investis chez Paul Boyé Technologies pour produire 600 000 masques par jour
350 millions d'unités produites de 2006 à 2014 et 60 millions depuis le début de la crise de la Covid-19 : la production de masques faciaux de protection respiratoire n'est pas une nouveauté chez Paul Boyé Technologies mais elle monte en puissance. Spécialiste des équipements de protection des biens et des personnes en environnement extrême (risque NRBC - nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique - notamment), cette entreprise est habituellement très discrète sur ses activités, qui s'exercent pour partie sur le marché de la défense. Mais faisant partie des rares fabricants français de masques chirurgicaux et FFP2, elle prend une dimension particulière dans le contexte actuel de pandémie. « Nous avions installé quatre lignes de production dans notre usine en 2006 et 2009 pour faire face à la demande en masques dans le cadre de la lutte contre les grippes aviaire puis H1N1 », indique à La Lettre M Jacques Boyé, son président. La première d'entre elles a été remise en route dès janvier, pour répondre aux besoins à l'export notamment. »
600 000 masques par jour
À ce jour, dix lignes (cinq pour les masques chirurgicaux et cinq pour les masques FFP2) permettent de fabriquer 600 000 masques par jour à Labarthe-sur-Lèze (siège de Paul Boyé Technologies). Des équipements commercialisés auprès de l'État, d'acteurs de santé, de grandes entreprises mais aussi du grand public via son site paulboye-ventedirecte.fr, qui propose une livraison gratuite en 48 h à partir de deux boîtes achetées. « La production actuelle nous permet d'assurer la continuité de l'activité au premier trimestre 2021. Nous pouvons encore aller au-delà mais il faut du volume pour amortir une ligne donc au préalable, l'État - qui reste notre plus gros acheteur - doit définir les stocks stratégiques à constituer en France », analyse Jacques Boyé. Et de rappeler que les investissements à mobiliser pour cette activité sont très conséquents : « Nous avons déjà engagés près de 7 M€ depuis le début de la crise sanitaire pour créer de nouvelles lignes, construire un bâtiment, mais aussi recruter et former des équipes - près de 100 salariés actuellement. »
Des matières premières en provenance de fournisseurs français
L'entreprise prévoit-elle de fabriquer le meltblown, cette matière première filtrante que l'État souhaite maîtriser en augmentant les capacités de production hexagonales ? « Nous l'avions envisagé à un moment mais notre fournisseur français nous donne entière satisfaction et il n'est pas certain que produire nous-mêmes ce matériau nous apporterait un avantage concurrentiel », estime Jacques Boyé, dont l'entreprise a déjà réussi à remporter des contrats à Singapour... face à des concurrents chinois. Paul Boyé Technologies emploie 310 personnes en France (à Labarthe-sur-Lèze, Bédarieux - 34 et Lavelanet - 09) et près de 1 700 à Madagascar pour un chiffre d'affaires qui devrait atteindre 110 M€ en 2020 (98 M€ en 2019).
Paul Boyé Technologie distribuera ce vendredi 18 décembre 25 000 masques à l’association des commerçants du marché Victor Hugo, à Toulouse. « La crise sanitaire a mis en avant le rôle joué par les commerces alimentaires de proximité. Ils se sont avérés essentiels durant la pandémie et l'état d’urgence. Il nous tenait donc à cœur, juste avant Noël, de faire profiter de notre savoir-faire à la centaine de commerçants du marché Victor Hugo en leur offrant un stock de masques chirurgicaux », résume Jacques Boyé.










