La restauration d’entreprise à l’épreuve de la crise
« Les restaurants se vident peu à peu et certains ferment carrément leurs portes », indique à La Lettre M un responsable syndical d’Elior, l’un des principaux acteurs du secteur. Conséquence de cette désaffection, le groupe vient d’annoncer la suppression de 1 888 emplois répartis dans 1 260 points de restauration opérés sur l’ensemble du territoire. « Toulouse et la région Occitanie sont directement concernés par ce plan de sauvegarde de l’emploi », poursuit le représentant des salariés.
Pas de visibilité
Une baisse d’activité nationale confirmée par plusieurs opérateurs locaux. « Sur le marché de la restauration d’entreprise - l’un de nos deux principaux pôles avec la restauration scolaire -, nous sommes passés de 500 à 130 repas par jour dans la métropole toulousaine. Et nous n’avons aucune visibilité sur une reprise éventuelle », explique Jessica Felez, représentante de la société Api Restauration (255 salariés en ex-Midi-Pyrénées). Autre illustration de ces difficultés, au Min (Marché d’intérêt national – Grand Marché) de Toulouse Occitanie. Les Gasc (grossistes à service complet) qui fournissent les restaurants d’entreprise ont vu leur activité chuter de 95 % pendant le confinement selon Maguelone Pontier, directrice du Grand Marché. « En fonction des restaurants d’entreprise concernés, l’activité est aujourd’hui en recul de 10 à 70 % par rapport à l’année dernière, indique-t-elle. Pour Airbus, nos opérateurs fournissaient auparavant 3 000 couverts par jour. Aujourd’hui, ils sont à 200 ! »
De 800 à 350 clients
Gérant du restaurant autogéré du Cnes (Centre national d’études spatiales) en région toulousaine, Frédéric Debauchez a certes constaté une baisse de la fréquentation, mais celle-ci reste limitée selon lui. « En mettant en place tous les dispositifs de distanciation sociale, notre salle est passée d’une capacité de 800 à 350 clients. Pourtant nous avons réussi à maintenir la fréquentation à 75 % du niveau de l’année dernière », indique-t-il. « Nous avons bien entendu eu recours à de l’activité partielle en période de confinement, et au début de l’été, lorsque les salariés du Cnes étaient peu nombreux sur site. Depuis la rentrée de septembre, l’équipe d’environ 25 personnes est de nouveau au complet, au même rythme qu’avant ». Le gérant du restaurant reconnaît cependant que la situation ne pourra pas durer éternellement.










