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Haute-Garonne
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Biotechs - Santé
| 7/10/2020

Les finances du CHU de Toulouse plombées par sa politique d’investissement

Le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie portant sur la gestion du CHU de Toulouse (3 000 lots et places, 15 000 salariés, directeur : Marc Penaud) entre 2012 et 2018 met en avant la dégradation de la situation financière et patrimoniale de l’établissement dont le budget d’exploitation s’élève à 1,2 Md€ par an. Selon ce document, la politique d’investissement du CHU « particulièrement volontariste jusqu’au début de l’année 2015 » impacte lourdement sa situation financière. La chambre régionale des comptes évalue en effet à 1 Md€ le montant des investissements réalisés ces dix dernières années*, dont près de 80 % ont été assurés par des prêts. De 550 000 m2 en 2012, la surface globale des sites exploités par l’établissement est ainsi passée à 750 000 m2 en 2018.

« Le CHU compte aujourd’hui six sites de prises en charge des patients, dont quatre comprenant des soins aigus. Cette dispersion ne va pas sans conséquences indésirables : l’augmentation des surfaces et le maintien de bâtiments partiellement ou totalement désaffectés, à hauteur de 28 % de la surface totale en 2018 ; l’augmentation du nombre de plateaux techniques, conduisant à la hausse des charges de personnels et des charges logistiques », pointent notamment les auteurs de ce rapport en précisant que l’établissement public souffre d’une forte concurrence du secteur privé toulousain, « qui fragilise ses parts de marché au cœur de sa zone d’attractivité ». Toujours selon la CRC, « cette situation pèse sur les ratios de performance du CHU, dont certains, comme les taux d’ouverture de bloc et les taux d’occupation, sont insuffisants. » Elle contribue également à dégrader la situation financière et patrimoniale de l’établissement, « sans que cette tendance inquiétante apparaisse clairement dans ses comptes. »

Restruturations

Pour rétablir sa trajectoire d’exploitation, le rapport précise que le CHU « doit se restructurer fortement, limiter son empreinte en termes de bâti, concentrer ses structures de prise en charge et plus particulièrement les plateaux techniques et unités de soins aigus tout en répondant aux besoins croissants de son bassin de vie ». Cette restructuration prévue dans le projet d’établissement 2018-2022 doit par ailleurs s’accompagner de mesures rapides « de maîtrise des charges, et notamment de celles de personnel, qui ont augmenté de 79 M€ entre 2012 et 2017 » conclut la CRC.
Dont la construction des bâtiments Pierre-Paul Riquet à Purpan en 2014 (Purpan, 95 000 m2, 326 M€ d’investissements), urgence-réanimation-médecine en 2015, (Purpan, 27 300 m2, 100 M€), service psychiatrique et création de l’Oncopole en 2014 (300 M€).

David Danielzik/danielzik@lalettrem.net
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