
Alors que l'hypothèse d'un plan de restructuration chez Airbus est plus que jamais d'actualité, Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie, en appelle au « réalisme ». « Les compagnies aériennes ne commanderont aucun avion dans les prochains mois, estime-t-il. Airbus a fait le choix de réduire ses cadences de production d'un tiers. Mais ce qu'il faut avoir en tête, c'est que pour 20 % d'un avion fabriqué par Airbus, les 80 % restants sont produits à l'extérieur, par sa supply chain. » L'élu consulaire, qui « ne voit pas comment on pourrait éviter une restructuration chez Airbus », se dit ainsi particulièrement inquiet de l'effet domino sur l'ensemble de la chaîne régionale de sous-traitance. « L'impact direct pourrait être de 20 000 à 40 000 emplois, estime-t-il. Et si on y ajoute les emplois indirects, ce chiffre pourrait se porter à 80 000. » Pour faire face à cette situation critique, Alain Di Crescenzo identifie trois leviers d'action : « Un levier financier, tout d'abord, avec un abandon de charges, une injection massive de capitaux et le déploiement de programmes de R&D. Mais aussi un levier social, avec un travail sur la mobilité, la formation et l'aide à la réorganisation. Et enfin, c'est important, il faut que l'argent qui va arriver reste dans le territoire. Nous devons réinternaliser un certain nombre de productions. »
Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
