[Covid-19] La crise sanitaire révèle certains atouts de l'industrie régionale
L'essentiel
- L'agilité des entreprises en ex-LR bénéfique pour l'industrie de demain
- L'enjeu de la formation en sortie de crise sanitaire
- Enquête : 30 % des entreprises industrielles ont maintenu leur activité lors du confinement
Alors que le processus de déconfinement progressif démarre à partir du 11 mai, une étude réalisée par l'Union des Industries et Métiers de la Métallurgie Occitanie (UIMM) montre qu’un tiers des entreprises industrielles implantées dans l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales ont maintenu leur activité durant la période de confinement. Selon Christophe Meyruey, délégué général de l’UIMM Occitanie, « une agilité s’est faite jour dans les entreprises. La formation à distance des apprentis a généré 25 000 connections par jour. Clairement, les habitudes vont changer, également dans les déplacements professionnels, au national comme à l’international ».
Cette capacité des entreprises industrielles à maintenir un niveau d’activité, préservant ainsi une partie des emplois, pourrait, selon le délégué général, aplanir les effets néfastes de cette crise sanitaire en ex-LR. « Avec les nouveaux métiers, la fabrication additive et le numérique, le tissu industriel n’a plus besoin d’un bassin spécifique, comme à Alès, mais d’une véritable volonté politique et le développement d’une culture industrielle, commente Christophe Meyruey. Le Covid-19 peut créer un électrochoc. Les récentes technologies permettent à l’industrie d’innover, d’inventer de nouveaux produits et d’individualiser la production. On a pu le voir avec la fabrication des visières de protection par les imprimantes 3D ».
Si l’économie de l’ex-LR est résolument résidentielle, le contexte de crise sanitaire peut-il être une opportunité pour le territoire d’accueillir les industriels de demain ? « Contrairement à l’ex-Midi-Pyrénées, l’ex-LR bénéficie encore de foncier disponible à un prix raisonnable et de bons réseaux de communication. L’autre effet bénéfique pour le territoire est que les métiers de l’industrie ne sont pas saisonniers et bénéficient d’une rémunération 20 % plus élevée que la moyenne du commerce et des services », assure-t-il. Selon lui, la difficulté du secteur industriel est d’être confronté aux prix des produits industriels très concurrencés et de « bâtir des ETI indépendantes et familiales avec des outils bancaires et financiers comme le fait l’Allemagne ».
Enjeu de la formation
Le secteur craint toutefois un recul de 20 % de la formation en raison de la moindre activité des entreprises et des licenciements. « C’est un enjeu important. Grâce à la dynamique générale, nous avons eu un flux de candidats dans nos CFA en hausse de 20 % par rapport à 2019, explique Christophe Meyruey. Aujourd’hui, le besoin en apprentissage n’est pas un sujet immédiat. Quelle activité les entreprises qui ont une baisse de 20 à 30 % d’activité vont donner à un jeune ? Et pourtant, quand l’activité va repartir, elles auront besoin d’une main d’œuvre qualifiée. À ce stade, nous avons besoin de mesures de la part du gouvernement au risque de rentrer dans une spirale négative avec des délocalisations d’entreprises imposées. »
Par ailleurs, si pour l’heure, il semble difficile d’avoir une vision claire sur la reprise de l’activité, « cela devrait se clarifier en septembre ». Mais des inquiétudes planent. « Si le gouvernement et la Région ont extrêmement bien réagi avec des mesures, il faut que l’activité reparte sans quoi les entreprises ne pourront pas rembourser leur PGE. À terme, les banques pourraient ne plus financer les investissements nécessaires (changement de machines, NDLR) en 2021 », explique-t-il.










