Tixeo

L’adoption par le Parlement européen de la prolongation du Chat Control 1.0, soit la dérogation autorisant les grandes plateformes - (messageries, réseaux sociaux, services mail - à scanner volontairement les communications de leurs utilisateurs pour détecter des contenus pédocriminels fait réagir les dirigeants régionaux du numérique. « Faire revenir un texte rejeté de justesse en mars, sans nouvelle évaluation d'impact, est un signal politique préoccupant : ce vote légalise le scan volontaire des plateformes de messageries dont l’usage est fortement répandu, commente Renaud Ghia, président de la société montpelliéraine Tixeo spécialisée dans le développement de solutions de visioconférence sécurisée. Et ce n'est pas un détail : c'est la normalisation du scan de masse des communications privées comme outil de politique publique. »
Présente en Espagne et sur le marché allemand, la PME qui compte une cinquantaine de salariés adresse une clientèle de grands comptes – dont 20 % des entreprises du CAC 40 –, de PME et d’acteurs du secteur de la défense. « Ce vote pourrait influencer celui sur le Chat Control 2.0 qui veut étendre ce principe aux services chiffrés de bout en bout via un scan effectué avant chiffrement, sur l'appareil de l'utilisateur, poursuit le dirigeant. Autrement dit, une porte dérobée exploitable par quiconque saura la trouver (…) Si un tel cadre venait à s'imposer, les organisations les plus sensibles ne pourraient plus garantir la confidentialité de leurs échanges stratégiques, tandis que les personnes mal intentionnées basculeraient simplement vers d'autres canaux chiffrés illégaux. Ce texte (Chat Control 1) n'en est que le prélude ; aux États membres de mesurer, dès maintenant, la trajectoire dans laquelle il les engage. » Tixeo, qui revendique une technologie sécurisée 100 % made in France, ne dévoile pas son chiffre d’affaires.
