« Un coup médiatique » : c'est en ces termes que la présidente de l’université Montpellier 3, Anne Fraïsse, interrogée par La Lettre M, qualifie l’annonce du gel des subventions par la Région en cas d’absence d’accord des trois présidents d’universités sur une gouvernance unique, dans le cadre du projet Idex. « C’est incompréhensible. Le président Bourquin savait très bien que les trois présidents avaient trouvé un accord lundi, Anne-Yvonne Le Dain (vice-président de la Région L.-R. en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, NDLR) était d’ailleurs présente. On se réunit demain jeudi pour le formaliser par écrit. Le président est mal conseillé en ce qui concerne les universités : il crie que les universités ne sont pas d’accord au moment où elles le sont. »
Fondation
Selon la présidente de Montpellier 3, la gouvernance unique prendra sans doute la forme d’une fondation, séparée du Pres, dans laquelle « Montpellier 2 en aura sans doute le leadership ». Le choix du ou de la présidente n’est pas encore arrêté. Les conseils d’administration, qui doivent entériner le projet, se réuniront le 6 janvier pour Montpellier 1 et 2 et le 7 janvier pour Montpellier 3.
La Région persiste
Christian Bourquin a répondu, ce matin, devant l'assemblée régionale, aux propos d'Anne Fraïsse : « Il n’y a pas de problème d’après elle ? Ca voudrait dire que Valérie Pécresse, le préfet, le recteur et moi-même n’aurions rien compris ! Et René Ricol, en novembre, était reparti de Montpellier effaré de cette insouciance face à de tels enjeux. » Les conseillers régionaux ont voté, aujourd'hui, un voeu suspendant le vote de l’avenant au contrat de projet Etat/Région 2007-2013, ainsi que les financements de la Région à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. « Cette décision, exceptionnelle par son ampleur, est à l’échelle d’un éventuel échec à l’Idex, a déclaré Anne-Yvonne Le Dain, vice-présidente en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, lisant une lettre envoyée aux enseignants-chercheurs et aux chercheurs. Le risque est bien réel de perdre ce concours national soumis à un jury international et de voir ainsi s’éteindre le rayonnement de nos universités et de vos laboratoires. »
Rendez-vous le 4 janvier
Christian Bourquin n'en démord pas : « Le dossier est en train de capoter. Or il s’agit de l’emploi, de l’économie, de l’innovation, de l’avenir de la jeunesse. À chaque rencontre, ce dossier a reculé au lieu d’avancer. J’ai eu la ministre (Valérie Pécresse, NDLR) au téléphone avant-hier (lundi, NDLR) : elle n’y croit plus pour Montpellier. Elle est totalement désespérée. L’heure est grave. On n’a pas le droit de passer à côté de ce projet majeur. Il faut ébranler la communauté universitaire. Je ne suis pas sûr que l’ensemble des chercheurs, des professeurs, des étudiants à Montpellier soient bien au courant de ce qui se passe. On est tous en train de réclamer des moyens pour investir, et maintenant que des moyens sont mis à disposition par l’Etat et la Région L.-R. - environ 1,4 Md€ entre Idex et Campus -, et on refuserait cela ! À croire qu’on est dans un autre monde. »
Un rendez-vous est fixé le 4 janvier à 15 h à l’Hôtel de Région avec les trois présidents d’universités. « C’est la dernière chance », a déclaré Christian Bourquin.