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| 24/03/2026

Samuel Hervé (Medef Occitanie) : « Les élections sont passées, place à l’apaisement et au développement économique ! »

© Medef Occitanie

Alors que le syndicat patronal a porté ses revendications tout au long de la campagne des municipales, allant jusqu’à appeler – à Toulouse – à faire barrage au candidat LFI, Samuel Hervé, président du Medef Occitanie, revient pour La Lettre M sur ses grands enseignements du scrutin et lance un appel aux nouveaux élus. Entretien exclusif.

Dans le cadre des élections municipales, le Medef est sorti de sa réserve à Toulouse en appelant à faire barrage à LFI. Pour quelles raisons ?
Il s'agit d'une initiative prise localement par le Medef Haute-Garonne, qui a été appuyée à la fois par le Medef Occitanie et par le Medef national. Il y avait à Toulouse, à l’issue du premier tour, des interrogations de la part de la galaxie Airbus. Se posait en effet la question de ce qui pourrait se passer si une ville décidait d’augmenter les fiscalités locales, de mettre en place un certain nombre de restrictions en termes de développement économique, notamment au travers du foncier… Il y avait la crainte que le moteur économique du territoire puisse être menacé, alors que, nous le savons, la ligne politique portée par LFI n’est pas très favorable aux grandes entreprises transnationales. Au-delà, il s’agissait, sans manquer bien sûr de respect à l’expression de l’ensemble des sensibilités politiques, de défendre l’entreprise au sens large ; d’ailleurs, je note que la CPME a engagé une démarche similaire. 

Quels enseignements tirez-vous du scrutin en Occitanie ?
Tout d’abord, en tant que citoyen, je déplore que l’abstention se maintienne à un niveau toujours très élevé. Cela reflète une forme de désaffection prolongée et maintenue des citoyens vis-à-vis du monde politique. Or, au niveau local, les maires et les entreprises ont la confiance des Français. Comme dirait la présidente de Région, ils sont à portée d’engueulade… Ils sont dans la vraie vie. En tant que chef d’entreprise, lorsque je regarde le Projet de loi de finances et le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale, je me dis que les députés n’ont pas tous conscience que la France joue dans un concert européen et international. Pendant que nous prenons des mesures pour contraindre les entreprises à payer davantage, les autres pays, eux, avancent. Aussi, nous avons parfois le sentiment de ne pas être entendus par le monde politique.

Vous souhaitez lancer aujourd'hui un appel aux maires et, plus largement, aux élus des collectivités territoriales. Quel message portez-vous ?
Pendant la campagne électorale, on nous reçoit, on nous écoute ; mais ensuite, il y a une forme de séparation, avec des décisions prises sans jamais mesurer leur impact sur la création économique et sur l’emploi. Nous demandons aux maires et aux présidents d’EPCI de ne pas être les grands oubliés sur les sujets liés à la mobilité, au logement ou encore à la formation. Le monde économique doit être entendu. Concrètement, nous demandons aux élus de soutenir l’investissement privé, mais aussi de maintenir a minima une stabilité fiscale.

Vous souhaitez par ailleurs que soient accélérés les grands projets d’infrastructure…
En effet. Il faut que les élus se mettent en ordre de marche pour développer des majorités de projets, indépendamment de la sensibilité politique des uns ou des autres. Qu’ils sachent dépasser les clivages quand on parle de sujets comme les LGV, le contournement ouest de Montpellier, les infrastructures énergétiques de Marcoule (30) ou de Golfech (82), pour mener des actions de lobbying auprès de l’État. Nous avons pu constater, lors de la campagne des municipales, des clivages très accentués, parfois même de la violence dans les propos de certains. Aujourd’hui, les élections sont passées : place à l’apaisement, à la concorde et au développement économique !

Vous souhaitez que le monde économique soit davantage associé aux décisions. Mais de quelle manière ?
Nous souhaiterions que les élus sollicitent et écoutent davantage les représentants du monde économique. Par exemple, sur un sujet comme les Services express régionaux métropolitains (Serm), nous devrions pouvoir être entendus, voire associés aux gouvernances. Il y a également des enjeux autour du foncier. Les élus doivent être plus sensibles au sort des entreprises. Bien sûr, nous ne demandons pas un chèque en blanc, mais nous aimerions être associés aux projets. Car nous avons à la fois des besoins et des solutions à proposer, dans une logique d’intelligence collective.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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