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| 22/10/2020

ZAE, RN 113, partenariats : priorité au développement économique pour Pays de Lunel

« Le développement économique est un enjeu majeur pour notre territoire et nous avons un déficit réel à ce niveau-là, lance Pierre Soujol, nouveau maire de Lunel et président de la communauté de communes du Pays de Lunel (14 communes, 50 694 habitants), accompagné du vice-président chargé du développement économique, Jean-Pierre Berthet. « Nous constatons que les entreprises seraient en capacité de se développer et de s’étendre mais que les superficies que nous pouvons leur offrir sont insuffisantes », résument-ils à La Lettre M avant de passer en revue les dossiers en cours.

- Foncier et ZAE
« Du foncier, nous en avons, affirme l’édile, mais encore faut-il pouvoir le libérer. » À ce jour, la communauté de communes du Pays de Lunel compte dix-huit zones d’activité. Une dix-neuvième est en projet : la zone du Dardaillon, sur douze hectares, située entre Lunel et Lunel-Viel. « L’objectif est qu’elle soit opérationnelle en 2023 », confie Jean-Pierre Berthet, vice-président chargé du développement économique. Démarré il y a quelques années, ce projet de zone est contrarié par la présence de l’outarde canepetière. « L’outarde est présente sur quatre hectares et il nous en est demandé trente en compensation, résume le vice-président. Nous sommes en train d’acquérir douze hectares avec l’aval de la Safer et nous cherchons le reste. » Parmi les pistes, des terres agricoles qui pourraient être mises à la disposition de la collectivité par des agriculteurs pendant cinq à six ans et servir de compensation. « Est-ce que le fait de compenser pendant six ans renouvelables va être accepté par la Dreal ? Cela reste à voir », se demande-t-il.
D’autres hypothèses de développement existent, « au nord de l’entrée de l’autoroute par exemple, sur la commune de Saturargues, poursuit Jean-Pierre Berthet. Il y aurait moyen de créer une zone économique à cet endroit. » L’Écoparc, sur une cinquantaine d’hectares entre le canal du Bas-Rhône et l’autoroute A9 à Lunel, est actuellement en sommeil. « Plus dans les priorités de la Région, son coût au m2 viabilisable est aussi plus cher qu’ailleurs en raison des contraintes du terrain », note le vice-président. « Mais si deux ou trois entreprises voulaient vraiment s’y installer, on ouvrirait… mais il faudrait là aussi trouver des compensations », ajoute Pierre Soujol.

- RN 113
« L’emplacement de la ZAE du Dardaillon est stratégique car elle est située en bordure de la future déviation de la RN 113 qui va relier Lunel-Viel à la route de la mer », déclare Pierre Soujol. Attendue, cette déviation est inscrite dans le prochain contrat de plan État-Région dont la signature est prévue en 2021. « Près de 6 M€ de travaux ont déjà été engagés dans le cadre de cette déviation, ce qui lui donne une certaine légitimité. Nous n’avons jamais été aussi prêt de voir ce projet avancer », assure l’édile, même si la crise sanitaire l’inquiète : « nous craignons que l’État soit amené à faire des arbitrages et nous espérons qu’ils ne nous seront pas défavorables. »

- Dialogue
« S’il nous faut restaurer le dialogue avec les entreprises, il le faut également avec les grandes institutions support, comme la Région », poursuit Pierre Soujol. Une première rencontre avec Carole Delga, présidente de Région, a eu lieu. « Elle est prête à nous accompagner, affirme l’édile, mais ce qui nous inquiète, en matière de foncier notamment, c’est le zéro artificialisation net. Il ne s’agit pas de ne plus consommer du foncier mais de le faire intelligemment à l’échelle régionale en utilisant les friches agricoles et industrielles. Nous allons y travailler. » En ce qui concerne les liens avec Montpellier, une rencontre avec Michaël Delafosse, président de Montpellier Méditerranée Métropole, doit être organisée. Et d’imaginer des partenariats : « Viabiliser une ZAE demande des moyens financiers importants. La métropole pourrait nous y aider et flécher vers nous des entreprises à la recherche de foncier. En retour, nous pourrions prévoir un remboursement annuel de leur investissement, confie le président du Pays de Lunel. De notre côté, nous aurions un retour fiscal intéressant mais aussi des solutions pour lutter contre le chômage. »

- Formation
« La chambre de métier de l’Hérault nous a fait part de son souhait d’ouvrir un centre de formation à Lunel sur les métiers en tension », indique Pierre Soujol. 150 m2 sont ainsi recherchés. « L’ancienne gare pourrait être le bon endroit, poursuit le vice-président. C’est proche du centre-ville et les jeunes pourraient aller et venir facilement. » Les élus indiquent vouloir aller vite sur ce dossier : « il faut avoir trouvé une solution en 2021 », insiste le maire.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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