la lettre M

Région Occitanie
| 31/08/2021

Une reprise économique semée d'embûches

Elle était espérée de tous, elle arrive plus vite que prévu : la reprise. Lors de la traditionnelle Rencontre des entrepreneurs de France du Medef à Paris, les 24 et 25 août, - suivie par La Lettre M - un vent d’optimisme soufflait dans les rangs de la délégation Occitanie. « Les signaux sont clairs et là, y compris dans l’aéronautique », se réjouit Pierre-Olivier Nau, président du Medef 31, qui entend même faire de Toulouse « la capitale européenne de la relance ». À l'heure où les aides « quoi qu'il en coûte » cessent, pour Samuel Hervé, président du Medef Hérault Montpellier (à qui Jean-Marc Oluski succèdera dans quelques jours), « voilà la preuve qu’il ne faut pas céder à la fatalité, les entreprises sont les plus intégratrices de changement ».

Ceci dit, l’activité n’est pas la seule à avoir repris. Avec elle, les difficultés à recruter, déjà criantes ante-crise, sans oublier la pénurie de matières premières qui perdure. À la tribune de la Ref, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire, fixant à octobre la réforme de l’assurance-chômage, est applaudi. « Il faut remettre les gens au travail, abonde le président du Medef Hérault-Montpellier qui ne connaît pas d’adhérents sans problème de recrutement. Tout cela représente autant de points de croissance perdus. » Outre les enjeux de formation, la présidente du Medef Occitanie, Sophie Garcia, estime qu'il faut aussi agir sur les problèmes de mobilité. « Nous avons la chance d’avoir, en dehors des métropoles de Toulouse et Montpellier, une offre de logement accessible. Il faut s'en saisir. Pour cela, les transports en commun et les infrastructures routières doivent être améliorés. Cela doit aller de pair avec un environnement propice à la vie de famille avec des services de proximité. » Elle y voit d’ailleurs pour l’ensemble des villes secondaires de la région – Albi, Narbonne, Montauban, Béziers…- une belle occasion « d’exploser », la crise sanitaire ayant décuplé la recherche d’une qualité de vie meilleure.

Autre impératif de cette reprise : faire (enfin) de la transition écologique une réalité. Pas le choix, selon la présidente du Medef Occitanie : « Quand bien même un chef d’entreprise serait un peu réticent, ses collaborateurs seront là pour l’y pousser. Les 30-35 ans sont prêts à ne pas rejoindre une entreprise qui aurait une mauvaise image sociale ou environnementale ! » S'ils sont unanimes sur l’objectif à atteindre, les chefs d’entreprise avancent toutefois la question de la temporalité. « Nous avons besoin de visibilité, fiscale notamment, estime Samuel Hervé. Il ne faut pas tomber dans l’écologie punitive. » Et la présidente du Medef Occitanie de citer en exemple la création des zones à faibles émissions mobilité (ZFE). Toulouse et Montpellier sont concernées. « À ce jour, au sein de mon entreprise (la société de sécurité incendie PSL, NDLR), quinze de mes techniciens auraient besoin d’un véhicule électrique, relève-t-elle. Or, pour l’instant, l’offre n’est pas adaptée à nos besoins. Comment faire dans ces conditions pour continuer à travailler ? » Pour les TPE, « c’est compliqué, abonde Marco Lucca, président de l’UPE 30. Il faut prévoir des accompagnements et des financements. »

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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