Travaux publics : les projets sont là mais souffrent du manque d’ingénierie et des lourdeurs administratives
Après le Gard, la FRTP Occitanie Méditerranée, présidée par Olivier Giorgiucci, sonde les investissements portés par les collectivités des Pyrénées-Orientales et la Région Occitanie. La démarche de la FRTP Occitanie, aux accents de transition écologique, s’opère à l’aube de la campagne des élections départementales et régionales. À ce titre, Olivier Giorgiucci fait part de sa « frustration » concernant le manque d’échos sur les projets de voiries, de mobilités, d’eau/assainissement et environnementaux,... « Les investissements ont fortement baissé ces dernières années et tardent à repartir malgré le plan de relance et la situation budgétaire saine des collectivités, déclare-t-il. Nous vivons un paradoxe avec nombre de projets en faveur de la transition écologique et une sous-activité des TP en capacité d’accompagner cette transition ».
Jean-Paul Billès, maire de Pézilla-la-Rivière représentant l’association des maires des Pyrénées-Orientales, assure pourtant qu' « on peut regarder les années à venir avec confiance. Nous avons recensé 123 M€ de projets qui seront réalisés par 52 communes et 80 M€ par les intercommunalités.» Côté Région, Agnès Langevine, la vice-présidente sortante, a laissé entendre qu’une saison 2 du plan BTP initié lors du précédent mandat de Carole Delga, pourrait être engagé en cas de victoire de la liste de la présidente sortante. Du côté du conseil départemental (CD 66) « on ne relâche pas l’investissement. Nous avons des projets, assure Hermeline Malherbe, la présidente, rappelant le plan de relance engagé en 2019 de 500 M€. Aides aux communes, mobilités douces, Très haut débit (chantiers jusqu’en 2023) ainsi que d’importants chantiers routiers et aires de co-voiturages sont en cours ou à venir, répète-t-elle. « Un futur débat est prévu courant 2022 pour continuer à supprimer les points noirs dans Perpignan, poursuit l’élue. Nous avons aussi retravaillé le projet d’aménagement du port de Port-Vendres afin qu’il soit plus durable. Et espérons aller plus vite sur l’hydrogène vert ».
Ingénierie et lourdeurs administratives
Face au manque de chantiers en prévision, « peut-être qu’il y a une anticipation prudente des investissements de la part de collectivités pour 2022 faute d’ingénierie suffisante souvent », analyse l’élue régionale avant d’inventorier quelques projets comme l’appel à projet pour la requalification des stations littorales, l’hydrogène vert, l’éolien en mer, le réseau ferré (train jaune, Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan)… « L’ingénierie et les lourdeurs administratives constituent deux freins majeurs à la sortie des projets », constate aussi Jean-Pierre Vitu, président de la délégation des Pyrénées-Orientales de la FRTP. « Les études des projets pourraient être accélérées. Le temps administratif est long. Peut-être faut-il des moyens supplémentaires au niveau des services de l’Etat », répond Hermeline Malherbe,
Le département des Pyrénées-Orientales (7 500 km de voirie et 150 ouvrages) compte 150 entreprises des travaux publics qui emploie près de 2500 salariés.
