la lettre M

Pyrénées-Orientales
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Transports - Logistique
| 9/05/2019

Transport combiné rail-route : l'activité progresse à Perpignan

Après l’investissement controversé de son extension (40 M€ au total), inaugurée en 2010, le terminal de transport combiné rail-route de Perpignan Saint-Charles voit son activité progresser et se rapprocher de l’équilibre financier, indique Éric Gilbert, directeur général de PSCCT, société anonyme d'économie mixte locale qui gère et exploite le terminal (président : Jean-Marc Pujol). L’activité est ainsi passée de 14 000 transbordements (caisses mobiles, cuves, citernes et semi-remorques) facturés et 500 k€ de CA en 2013 à 29 000 transbordements et 1,4 M€ de CA l’an dernier. Les effectifs sont désormais de 17 salariés (8 au départ). 35 000 transbordements sont programmés cette année (capacité maximale : 110 000), soit un niveau suffisant pour assurer, pour la première fois, un exercice à l’équilibre (+ 4 k€ prévus en 2019, après des pertes de 130 k€ en 2018). Le terminal compte trois opérateurs (Novatrans, Hupac et DB) et quatre trains par semaine, au lieu d’un seul en 2013. « Le terminal est grand et encore sous-exploité », admet-il en espérant « un ou deux train(s) supplémentaire(s) au prochain changement de service ferroviaire, mi-décembre prochain, et peut-être un nouvel opérateur ». PSCCT charge et décharge les caisses mobiles de ces opérateurs, dont les clients sont les transporteurs routiers. Les caisses mobiles intermodales contiennent divers produits : électroménager, pièces détachées automobiles, produits ménagers, vracs solides ou liquides, produits chimiques, farine, sucre, gaz de pétrole liquéfié, télévisions, produits de luxe, carbonate, huile, vin, vinaigre...

Hubert Vialatte / redaction.montpellier@lalettrem.net

 

Les polémiques n’avaient pas lieu d’être, après les investissements liés à l’extension du chantier de transport combiné. C’était une activité en démarrage. Il y a beaucoup d’inertie dans notre secteur. On réalise des transbordements si les opérateurs font des trains, et pour avoir des trains, il faut du temps. »Ce dernier pointe du doigt les insuffisances de la SNCF en matière de réservation de sillons ferroviaires. « Pour réserver un sillon, il faut s’y prendre très longtemps à l’avance. Par exemple, à ce jour, on ne peut formuler une demande que pour la période postérieure à décembre 2020. Le jour où l’on voudra réellement développer le ferroviaire, il suffira de libérer l’accès au réseau, avec un gestionnaire ayant des méthodes de gestion moderne. Devoir demander l’autorisation à la SNCF pour faire circuler un train est un vrai problème. La SNCF est le premier transporteur routier de marchandises, avec sa filiale Geodis. Elle n’a pas intérêt à ce que ses concurrents se développent. En attribuant les sillons, elle est juge et partie. Tous les prétextes sont bons pour compliquer les instructions de dossiers : aiguillages, sillons, sécurité… DB a dû batailler deux ans pour opérer sur Perpignan-Sarrebruck. Et des petits opérateurs n’arrivent jamais à avoir le sillon. »

* Perpignan Méditerranée Métropole et CD 66, chacun à 28 % ; Région Occitanie, entrée en 2017, à 22 % ; port de Barcelone à 4 % ; CCI 66 à 4 % ; Novatrans à 8 % ; Froidcombi à 2 % ; le reste étant réparti entre des personnes privées. Capital : 2,7 M€.

 

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