la lettre M

Pyrénées-Orientales
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Syndicats - Fédérations - Associations / Transports - Logistique
| 19/06/2020

Train primeur pour Rungis : la destruction prévue de 33 wagons rallume la crainte de l’arrêt de la ligne

La CGT Cheminots de Perpignan s’inquiète dans un communiqué que la potentielle destruction de 33 wagons frigorifiques du train des primeurs reliant Perpignan au marché international de Rungis près de Paris, signe la fin de cette ligne qui est à l'arrêt depuis juillet 2019. La mobilisation des acteurs locaux et régionaux avait pourtant conduit l’État à relancer cette ligne de fret ferroviaire dédiée aux fruits et légumes à compter du 1er novembre. « Ce train primeur n’est toujours pas en circulation suite à divers retards et événements : problème sur les voies suite à un glissement de terrain à Béziers, mouvement contre les retraites puis le Covid-19 », indique à La Lettre M, Mickaël Meusnier, le responsable syndical qui a découvert au cours d’une visite syndicale post-Covid-19 « qu’il était envisagé d’envoyer 33 wagons frigorifiques sur les 79 constituant ce train primeur au site de Culoz (01) afin qu’ils soient détruits. » Le syndicaliste ne masque pas son inquiétude quant « au redémarrage de l’activité du train primeur avec près de la moitié des wagons en moins même si la Région reste déterminée au maintien de cette liaison et que la crise du Covid-19 a montré l’intérêt stratégique de ce type de transport ».

Des marchés potentiels
La démarche de SNCF Fret semble, selon le syndicaliste, faire fi de « la Semmaris, société gestionnaire du marché international de Rungis qui est d'accord pour continuer le fret en conventionnel, de quai à quai. Un chargeur se dit prêt à reprendre du trafic, il doit nous présenter son projet. Ce dernier aurait pourtant manifesté son intérêt voilà six mois sans jamais avoir été contacté par les services de l’État, de la Région et Fret SNCF », explique le syndicaliste. Autre mauvais signal : le train reliant Valencia à Rotterdam transportant des fruits et légumes à l’aller et des fleurs au retours s'est arrêté il y a environ une quinzaine de jours. « Ces marchandises vont forcément se retrouver sur la route », confie-t-il.

Véronique Coll / coll@lalettrem.net

Dans son communiqué, la CGT Cheminot appelle l’État à « poursuivre le train primeur, nommé un commercial fret à Perpignan pour travailler avec les producteurs locaux et les entreprises de la plateforme d’éclatement de fruits et légumes de Saint Charles International afin d’adapter les trains aux besoins des entreprises, déclarer le fret d’utilité publique, intégrer le fret dans une entreprise publique du transport ferroviaire et enfin relancer une politique offensive en faveur du wagon isolé, seule alternative au report modal vers le fer pour un développement de l’économie commerciale et industrielle locale. »

 

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