Toulouse, Montpellier : le marché du logement neuf sous tension
Pénurie d'offre, hausse des prix. Les professionnels de l’immobilier ne cachent pas leur inquiétude face à l’évolution du marché du logement neuf dans les deux métropoles régionales. « Le nombre de biens mis en vente à Toulouse et dans les communes limitrophes au premier trimestre est en chute libre. La baisse est de l’ordre de 28 % dans la capitale régionale avec seulement 943 nouveaux lots commercialisés, résume, le 15 mai, Jean-Philippe Jarno, président de l’ObserveR (observatoire des marchés immobiliers toulousains) et directeur général du groupe de promotion toulousain Urbis Réalisations.
Sous-offre
Même analyse à Montpellier. Les représentants de la fédération des promoteurs immobilier (FPI) Occitanie Méditerranée anticipent un recul de 10 % des mises en vente de logements neufs en 2019. Et en ex-LR, l'offre neuve devrait diminuer de 20 % avec moins de 5 000 unités programmées. Une tendance baissière déjà amorcée l’an dernier. « En 2018, dans la métropole de Montpellier - qui concentre 49 % de la production de l’ex-LR -, les mises en vente ont chuté de 22 % », rappelle Laurent Villaret, président de la FPI Occitanie Méditerranée. De fait, l’offre ne suit plus, malgré une demande soutenue liée à la forte croissance démographique de ces deux territoires attirant plusieurs milliers de nouveaux habitants tous les ans- près de 15 000 dans la seule aire urbaine de Toulouse (453 communes). Conséquence directe, les prix pratiqués poursuivent leur ascension avec une moyenne de 4 167 €/ m2 dans le neuf (hors parking) en 2018 à Montpellier, contre 3 791 € /m2 en 2014. Dans la capitale régionale, la hausse atteint près de 4 % en un an à 3 950 €/m2.
Délais d'instruction rallongés
« Les stocks de ventes s'élèvent à 7,6 mois dans la métropole montpelliéraine, contre 12 mois habituellement. Ils pourraient passer en-deçà des 7 mois », s’inquiète Mathieu Massot, vice-président de la FPI Occitanie Méditerranée et directeur de FDI Promotion (Montpellier). « Actuellement, l’offre de la métropole toulousaine ne permet pas de répondre à la demande importante. En un an, les stocks ont baissé de 23 % dans le neuf avec seulement 5 318 logements disponibles. Cela représente un écoulement théorique de neuf mois au rythme actuel de commercialisation, commente Jean-Philippe Jarno. Principale explication avancée pour justifier cette situation, la perspective des prochaines élections municipales de 2020. « Les périodes pré-électorales sont traditionnellement peu propices au développement de nouveaux projets immobiliers. Les délais d’instruction des permis de construire sont rallongés. Et désormais, les opérations doivent faire l’objet d’une concertation poussée avec les riverains avant d’être acceptées et validées », constate le président de l'ObserveR.
