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Haute-Garonne / Hérault
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Biotechs - Santé
| 16/10/2017

Toulouse et Montpellier veulent chacun leur Institut hospitalo-universitaire

Le vieillissement et la prévention de la dépendance à Toulouse, la pathologie articulaire et musculaire à Montpellier : ces thématiques sont au cœur des candidatures que Toulouse et Montpellier s’apprêtent à déposer auprès de l’ANR (Agence nationale de la recherche) pour décrocher un Institut hospitalo-universitaire (IHU) sur leur territoire et les financements associés (entre 35 et 55 M€ par IHU, sur une durée de 10 ans). Spécificité des IHU, lancés en 2010 dans le cadre des Investissements d’Avenir : ils doivent associer au moins une université, un établissement de santé et un établissement de recherche autour d’une thématique unique, pour former « un écosystème d’excellence en matière de recherche, de soins, de formation et de transfert de technologies ». L’appel à projets, lancé le 29/3, devait se clôturer le 12/10 mais la date butoir vient d’être reportée sine die. « Il faut que les choses se précisent rapidement car on travaille sur ce dossier depuis un an », s’impatiente le Pr Louis Casteilla, directeur du laboratoire Stromalab et porteur du projet scientifique de l’IHU toulousain aux côtés du Pr Bruno Vellas, directeur du Gérontopôle, en charge du volet clinique.
Baptisé « Inspire » (Institut pour la prévention, le vieillissement en santé et la médecine réjuvénative), ce projet fédère le CHU de Toulouse, l’Inserm, le CNRS et l’Université Toulouse III - Paul Sabatier et vise à créer, sur le site de l’Oncopôle à Langlade, « un pôle de dimension mondiale dans la prise en charge du vieillissement et la prévention de la dépendance », résume le Pr Vellas. Le budget prévisionnel – 630 M€ sur 10 ans (immobilier, équipement, salaires et dépenses de fonctionnement) – inclut notamment la construction d’un nouveau bâtiment de 12.000 à 14.000 m2 « en capacité d’héberger non seulement l’IHU mais aussi d’autres équipes de recherche biomédicale connexes aux thématiques de Langlade (cancer, vieillissement, rejuvenation) aujourd'hui localisées sur les sites de Rangueil et Purpan, soit entre 550 et 600 personnes », précise le Pr Casteilla. La création d’une pépinière de start-up dans les domaines de la médecine régénératrice et de la bio-ingénierie cellulaire est également envisagée. « L’objectif est aussi d’associer les territoires au sein d’une silver economy valley régionale, unique au niveau national et visible à l’échelle mondiale », complète le Pr Casteilla.
Côté Montpellier, un dossier intitulé « Move ! » est prêt à être envoyé à l’ANR. Il est porté par le CHU de Montpellier, conjointement avec l'Université de Montpellier, Montpellier Méditerranée Métropole, l'École nationale de chimie, l'École des Mines d'Alès, l'Inserm et la fondation Arthritis, et s’inscrit dans la continuité de l’I-Site Muse (Montpellier University of Excellence). Son ambition : agir sur l’intégralité du parcours de soin des patients en matière de pathologie articulaire et musculaire. « Nous proposons une rupture dans la prise en charge du patient, plus en amont, une rupture technologique sur le traitement de la pathologie en régénérant les organes grâce à l’impression 3D et une rupture dans la formation grâce aux outils de réalité virtuelle pour une meilleure compréhension de l’anatomie », explique Christian Jorgensen, directeur de l’institut de médecine régénérative du CHU de Montpellier. Le projet d’IHU, s’il est retenu par l’ANR, devrait s’implanter sur le site de Saint-Eloi du CHU de Montpellier. Les locaux de 7.000 m2 (des travaux de réhabilitation sont prévus) devraient accueillir 250 enseignants-chercheurs, le personnel soignant et administratif, 6 biotechs accompagnées par le bio-incubateur Cyborg et un « stemcell », site de traitement des cellules souches. « C’est un projet de 120 M€. Si notre dossier est retenu par l’ANR, nous recevrons 50 M€ sur 10 ans. Nous avons déjà trouvé les 70 M€ restants. Plusieurs partenaires ont répondu présents, dont 12 industriels (…) Notre vocation est de devenir le site d'excellence international de traitement des malades musculo-squelettiques. »
En 2010, 6 IHU avaient été créés en France. Cette 2e vague de labellisation doit permettre de voir émerger jusqu’à 3 nouveaux instituts. Avec déjà deux concurrents sur les rangs pour la seule région Occitanie, la bataille s’annonce rude…

Stéphanie Roy et Aline Gandy
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