Safran Engineering Services : 750 salariés toulousains inquiets d’un projet de vente
L’équipementier aéronautique et spatial Safran (CA : 15,8 Md€, 66.500 salariés, dont 3.200 en Occitanie, siège à Paris) s’apprêterait à céder son bureau d’études Safran Engineering Services (750 salariés à Toulouse) à une SSII (société de services en ingénierie informatique). C’est en tout cas ce que craint le syndicat majoritaire, CFE-CGC. « Depuis quelques temps, des sources concordantes nous informent de la possibilité de cette cession, confie le 8/6 à La Lettre M Serge Cumerlato, délégué syndical CFE-CGC à Safran Toulouse. La direction nous assure que rien n’est encore fait et que toutes les options sont étudiées, y compris la création d’une joint-venture. Mais nous savons que l’option d’une vente est privilégiée. Safran invoque des questions de charges et de rentabilité. De fait, en étant intégrés à une SSII, nous perdrions 20 % de notre rémunération, liés à des avantages groupe. Et nos emplois seraient fragilisés. » Contactée le 8/6 par La Lettre M, la direction de Safran se refuse à tout commentaire sur ce dossier.
Serge Cumerlato, qui rappelle que des efforts de réduction de voilure ont déjà été faits au cours des deux dernières années pour suivre l’évolution baissière des besoins en ingénierie – « Nationalement, nous avons réduit nos effectifs de 35 % » - se dit « inquiet » de la situation. « Nous soupçonnons une stratégie bassement financière, explique-t-il. Safran veut faire de nous son sous-traitant. Et il semble que les enjeux financiers soient tels que le groupe serait prêt à sacrifier, au moins en partie, sa maîtrise technologique et la confidentialité des projets. » Les tensions sont désormais vives au sein du site toulousain. « Certains salariés veulent même aller mettre la pagaille au Salon du Bourget », prévient Serge Cumerlato.
