À Rodez, les salariés de Bosch votent pour la création d'un fonds de réserve
« Êtes-vous pour la création d'un fonds de réserve proposée par la direction pour éviter les licenciements contraints » et « Êtes-vous prêts à suivre des actions qui vous seront proposées par les organisations syndicales ? » Invités par une intersyndicale Sud – CGT - CFE-CGC à se prononcer, les salariés de l'usine Bosch Rodez, spécialisée dans la fabrication de buses d’injecteurs diesel, se sont rendus aux urnes le 15 septembre pour répondre à ces deux questions. Le résultat est sans appel : sur 894 votants, 54 % approuvent la création d'un fonds de réserve. En revanche, la seconde question n'a pas mobilisé les foules. Seuls 386 salariés se sont exprimés : 71 % des votants sont favorables à une mobilisation. « On s'aperçoit que les salariés sont prêts à accepter un effort supplémentaire », réagit, déçu, Jérôme Pouget, délégué syndical Sud.
Les syndicats dénoncent un « chantage »
En mars dernier, la direction de l'équipementier avait annoncé la réduction drastique des effectifs, passant de 1 250 à 500 postes en 2025. Les négociations sur l'accord de transition dans le cadre du plan de départs volontaires avaient alors démarré de la mi-juin à la mi-juillet, avant que les syndicats ne claquent la porte. Le point d'achoppement concernait l'engagement de la direction à ne pas procéder à des départs contraints jusqu'en 2025, contre 2027 comme le réclamaient les syndicats. Le 9 septembre, pour tenter de calmer les esprits, le président de Bosch France et Benelux, Heiko Carrie, faisait le déplacement sur le site aveyronnais, confirmant que le groupe acceptait de ne pas procéder à des licenciements jusqu'en 2027, à la condition que les salariés fassent un effort. « La direction demande aux salariés de faire des économies pour constituer un fonds de réserve de 7,5 M€ en agissant sur trois leviers : la modération salariale lors de la négociation annuelle obligatoire, le gel du budget du comité social et économique et la baisse de l'intéressement », s'indigne Jérôme Pouget. Et le responsable syndical de poursuivre : « On ne peut pas accepter ce chantage. On subit la suppression des postes et, en plus, il faut mettre la main à la poche. C'est la raison pour laquelle nous avons demandé aux salariés de se prononcer. Car, nous, les organisations syndicales, sommes au bout du bout. On ne va pas tout accepter. Nous devons être forts face à la direction. »
