Région/Politique - Quatre élus de gauche lancent un front anti-Frêche
Jean-Louis Roumegas, porte-parole national des Verts et élu d’opposition à Montpellier, l’ancienne députée PS Christine Lazerges, l’ancien maire PC de Sète et conseiller général François Liberti et le maire (Parti de gauche) de Grabels, René Revol, ont tenu une conférence de presse commune, ce matin, à Montpellier, pour dénoncer « les méthodes insupportables » et le « clientélisme » du président du conseil régional, Georges Frêche.Parlant « en leur nom propre », et pas au nom de leurs partis respectifs, les quatre élus ont voulu pousser un « coup de gueule », contre la politique du « fait accompli » pratiquée, selon eux, par le président de la Région. « Georges Frêche s’auto-proclamé candidat à sa propre succession, et il annonce la composition des listes, s’est indigné François Liberti. Qui en a décidé, qui en a discuté ? Personne ! Nous voulons une autre manière de faire de la politique ». Pour l’élu communiste, « le pire ennemi de la gauche aujourd’hui, c’est ce qu’incarne Frêche dans ses pratiques ».Le Vert Jean-Louis Roumegas affirme pour sa part qu’il « n’acceptera plus cette chape de plomb qui pèse sur la région. Nous refusons la corruption et le clientélisme. Nous ne nous laisserons pas acheter. » Selon lui, le rassemblement de la gauche « est possible, mais pas avec Frêche ». Il annonce déjà que les Verts n’appeleront pas à voter pour une liste soutenue par Georges Frêche aux régionales, « ni au premier, ni au second tour ». Pas question, selon lui, de choisir « entre la peste de droite et le choléra Frêche ».« Un système intolérable »L’ancienne députée Christine Lazerges dit, pour sa part, vouloir incarner « une rupture morale avec un système devenu intolérable. Nous voulons redonner l’envie de faire de la politique auterment, dans l’écoute et le respect. Le fonctionnement de Georges Frêche est centré sur le mépris, y compris de l’électeur. Nous voulons le respect, l’écoute, le partage, tout simplement la démocratie ». L’ex-vice-présidente de l’Assemblée nationale a qualifié de « décalé et honteux » l’annonce du choix de Georges Frêche comme tête de liste du PS aux prochaines régionales « alors que nous vivons une crise magistrale ». Pour Christine Lazerges, il ne s’agit pas d’un « problème de personne, mais d’un conflit sur le fond, sur les valeurs ». Les contestataires, qui n’ont pas encore indiqué quelle serait la suite de leur démarche, si leur message n’était pas entendu, ont assuré représenter un grand nombre d’électeurs et d’élus. « Tout le monde a eu des problèmes avec Frêche. On devrait être plus nombreux ! », a plaisanté René Revol.Réaction de Georges Frêche : « insignifiant »Interrogé par La Lettre M dans la soirée, Georges Frêche a réagi à la tenue de cette conférence de presse : « Ce qui est exagéré est insignifiant. Ça fait partie de la vie. Le maire de Palavas coûtera aussi des points aux autres. Cette liste est sans intérêt. De toutes façons, je n’entrerai en campagne pour les régionales qu’en janvier 2010. Au premier tour, je veux faire une liste en contactant mes amis socialistes, quand ils auront voté, car je n’ai pas le sentiment que les socialistes aient choisi. On verra à l’automne. Je contacterai aussi le nouveau Parti de gauche. Je proposerai une alliance aux Verts, avec ceux qui ne règlent pas leus problèmes personnels. Je demanderai aussi au PRG, au MRC, et même à Besancenot, même si je ne pense pas que son parti viendra. Moi, en politique, je n’ai jamais fait de règlements de comptes personnels ».H.F. et F.D.










